Petite analyse personnelle de ce que l'on pourrait communément appeler un jugement.
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Qu'il soit personnel ou collectif, qu'il se veuille universel, ou à contrario incertain et empreint d'humilité, la sentence d'un avis pose toujours problème quant à la pertinence que l'on doit y accorder. D'autant plus si la notion de goût personnel vient alimenter le champ des possibles à l'heure du verdict final. Ainsi, dans la jungle des opinions dansant autour de chaque bouteille, il est parfois difficile de distinguer la bien-pensance des uns, l'avis barré du monogame régional, celui du politicard du goulot et j'en passe. Bref, si l'on veut se rendre au récup'verre le cœur léger, si l'on veut pouvoir dispenser ses bons mots sur tel ou tel jus blotti au creux d'un verre sans pour autant asséner dogmes sur truismes, nul besoin de faire preuve d'une obséquiosité débordante ou de s'avilir à de quelconques postures moutonneuses.
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| Bouteille vide |
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| Bouteille pas vide |
Ainsi, le principe de base partagé tout au long de ces quelques lignes ne s'affichera pas tel un axiome incantatoire ou une quelconque démonstration imbibée d'une rationalité scientifique débordante, non, point de tout ça. Pour une fois, je me ferai le fervent défenseur de l'empirisme le plus primaire, celui qui fait d'un constat une preuve. N'y voyez pas là une forme de régression argumentaire, mais simplement un outil qui me semble des plus adaptés à ce formidable plaisir que peut-être le vin. Au même titre que certains choix supposés cornéliens pour quelques analystes du bout des doigts, me paraissent tout bonnement inutiles, le vin à parfois ses raisons pour s'affranchir de quelques théories à réserver au tableau noir.
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| Bouteille vide |
Car il faut bien l'avouer, dans cette quête du bon goût, si botter en touche consiste à dire que tous les goûts sont dans la nature, il faut bien de temps en temps rentrer au cœur de la mêlée et affirmer ses opinions avec un semblant d'animalité. Sinon s'en suivent simplement de grandes envolées dignes des plus belles plaidoiries passées ou à venir, à l'issue desquelles l'on arrive rarement à s'entendre sur un verdict unanime.
Il y a, certes, quelques intouchables, mais dans l’éclectisme proposé par la garde robe vinicole, difficile de trancher en faveur d'une tenue particulière pour habiller nos tablées des plus beaux drapés liquides. Alors, vous me direz, pourquoi vouloir choisir ? Peut-être parce qu'il est dans la nature humaine de vouloir étalonner, comparer, juger, afin de mettre à profit ces collectes d'informations parfois sentimentales, parfois plus rationnelles, pour alimenter qualitativement nos papilles.
Pour arriver à cela, après moult recherches, il me semble aujourd'hui pertinent d'affirmer que le Principe de la bouteille vide parait être le moyen le plus sûr pour juger de la qualité des partitions en présence.
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| Bouteille vide |
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| Bouteille pas vide |
Le principe est simple, mais s'accompagne tout de même de quelques pré-requis non négligeables.
Tout d'abord, il va de soi que l'assemblée plénière en faction se doit de pouvoir s'hydrater en quantité suffisante, afin qu'un éventuel manque, ne vienne à libérer quelques bas instincts, repoussant d'autant la clairvoyance d'un jugement tout à coup troublé par un éventuel déficit de munitions. L'on en vient alors à boire n'importe quoi, et son opinion s'en voit ainsi dénuée de tout intérêt valable.
Le second point, est d’arborer une curiosité de chaque instant, afin de ne pas tomber dans les travers de la facilité nourricière apportée par une source unique. Il faut beaucoup goûter, ce n'est pas le plus difficile, mais cela demande tout de même quelques efforts d'approvisionnement afin de ne pas revêtir trop rapidement les habits du schtroumpf paresseux...
Mais par où commencer me direz vous ?
Certains guides, plutôt bien fichus, vous donneront bien des pistes, mais les orientations idéologiques ou personnelles de ces intendants à la plume affutée et aux propos péremptoires ne portent en rien l'objectivité au creux de leurs pages. Ils ont la culture, ou du moins leur culture vinique, mais leur propre appétence liquide. Et quoi qu'on en dise, ces braves gens ne seront pas à table, à vos côtés, partageant vos mots et vos humeurs, à grands coups de fourchettes et de gouleyantes lampées de jus de raisins fermentés. Il y a aussi le caviste, cet amoureux de la dive, faisant certes ses choix, mais ayant l'oreille pour écouter, cerner ou dispenser précieux conseils et friands flacons derrière son comptoir. Mais il y a surtout vous, vos précieux moments de partage que vous souhaitez conviviaux, bercés par la mélodie de ces vins au pouvoir fédérateur débordant. Vous et vos goûts d'un jour, vos goûts de toujours chamboulés ici ou là par une rencontre fortuite, au détour d'un verre, d'un sourire et d'un grand moment de plaisir.
Mais par où commencer me direz vous ?
Certains guides, plutôt bien fichus, vous donneront bien des pistes, mais les orientations idéologiques ou personnelles de ces intendants à la plume affutée et aux propos péremptoires ne portent en rien l'objectivité au creux de leurs pages. Ils ont la culture, ou du moins leur culture vinique, mais leur propre appétence liquide. Et quoi qu'on en dise, ces braves gens ne seront pas à table, à vos côtés, partageant vos mots et vos humeurs, à grands coups de fourchettes et de gouleyantes lampées de jus de raisins fermentés. Il y a aussi le caviste, cet amoureux de la dive, faisant certes ses choix, mais ayant l'oreille pour écouter, cerner ou dispenser précieux conseils et friands flacons derrière son comptoir. Mais il y a surtout vous, vos précieux moments de partage que vous souhaitez conviviaux, bercés par la mélodie de ces vins au pouvoir fédérateur débordant. Vous et vos goûts d'un jour, vos goûts de toujours chamboulés ici ou là par une rencontre fortuite, au détour d'un verre, d'un sourire et d'un grand moment de plaisir.
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| Bouteille pas vide |
Alors bon, pourquoi attendre ? Il suffit d'un tire-bouchon, d'un peu de bonne volonté et de se laisser porter... Et alors, sur un coin de table, à l'issue de vos agapes liquides, après un rapide état des lieux, la sentence pourra tomber. Peu importe l'ordre, l'étiquette ou votre endurance. L'amitié et l'échange baignant l'atmosphère de ces bonnes bouffes entretiendront papilles et sens en éveil, en objectivant d'autant les différents paramètres.
Un argumentaire mis à l'épreuve de nos réjouissances du week-end : une tablée, quelques amis, des canons cachés un temps, mais vite dévoilés et un verdict sans appel à l'heure d'user de ce fameux Principe de la bouteille vide. Notre assemblée composée de palais aux accointances diverses a ainsi pu se frotter à un échantillonnage varié, laissant certes une grande place à quelques belles étiquettes, mais obligeant d'autant à faire des choix à l'heure de se resservir. Et devant l'opulence de biens en présence, force est de constater que si les corps et les esprits se sont gorgés de ces plaisirs bachiques, le calme de la bouteille vide n'a pas empli tous les flacons du jour, mais son principe à objectivement mis tout le monde d'accord.
Et comme il existe cent façons de parler d'un vin, il existe autant d'instants pour en profiter. Les vérités d'un jour n'étant celles du lendemain, le Principe de la bouteille vide aura eu au moins le mérite de nous éclairer sur l'authenticité de ces réjouissances.










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