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Caves, bars, restos : Ô Toulouse !

Parfois, faut choisir : changer des couches ou écrire, notamment.

Bref, le temps passé à tenir un stylo étant inversement proportionnel à celui passé dans les babygros, l'heure est venu d'être un peu plus synthétique. Et puis ça faisait un moment que je voulais partager les différentes adresses toulousaines où je passe du bon temps. Certes, ces dernières semaines le budget "sorties" à un peu pris du plomb dans l'aile, mais là n'est pas la question...

Te voilà donc sur les bords de Garonne, tu as faim, tu as soif et tu n'as pas peur des gens qui disent chocolatine et qui préfèrent le rugby au football : la solution ? Une carte*. Elle n'aura certes pas le charme d'une vieille Michelin calée dans la portière, ni la charge émotionnelle d'une dispute engagée au moment de la replier, mais elle pourrait bien valoir quand même le coup d’œil...

Sur cette carte**, un point de vue personnel et subjectif sur la gastronomie de notre ville rose. Des adresses recommandables, où il fera le plus souvent bien boire et bien manger. Des oublis aussi, sûrement, que j'essaierai de combler avec le temps, et des lieux que je n'ai pas encore eu le plaisir de visiter pour pouvoir honnêtement les partager. Certainement pas une bible donc, mais un simple pense-bête à l'heure où le ventre gargouille, que le gosier à soif, ou plus simplement, quand on veut mettre le nez dehors.




Pour se repérer, rien de plus simple, il suffit de regarder le logo pour savoir si on a affaire à une cave, un bar ou un resto. Mieux qu'un post-it sur le frigo ou qu'une galère qui finit au MacDo, voici ma short list quand t'as les crocs !

Bon appétit et large soif...




David Farge "ABISTODENAS"
 
* Sur une idée de Tom qui a fait de même sur Paris... 

** Ceci dit, j'ai déjà lancé un truc du genre en tentant de référencer toutes les cuvées de cinsault rouge #WorkInProgress
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Cachez ce vin que je ne saurais voir !

C'est apparemment la nouvelle mode. Annoncé ici ou là comme le rosé de demain, le « wine slushy » serait en passe de détrôner son compère aromatisé au pamplemousse et bien d'autres subterfuges de l'industrie pseudo-pinardière. Un truc aussi fun et cool qu'un clip de WHAM! qui en plus de te torcher la gueule façon cocktail de plage, porte un sobriquet top tendance à l'américaine, il n'en fallait pas plus pour aiguiser ma curiosité !
Alors, qu'est-ce que le « wine slushy » ?
Le « wine slushy », pour faire bref, c'est le petit-fils irrespectueux du rosé glaçon. Le genre de nouveau gamin à grande gueule qui compte plus sur sa casquette à paillettes que sur un dictionnaire pour conclure avec sa voisine. 
Malgré tout, comme il semble faire partie de la famille, étudions quelque peu son cas. Oui, car quand on parle de « vin détrempé » (ça en jette moins quand on passe à la VF, hein ?), on parle tout de même de vin. Sinon, on appelle pas ça "wine quelque chose", on en reste à de la nomenclature de supermarché croisée avec un peu de phrasé made in discothèque et le tour est joué. Il suffit alors de pondre un truc du genre : Banga X ou Yop No Limit, d'y coller un peu de fluo sur l'emballage et roule ma poule. Mais là, non. Celui ou celle qui nous a mitonné cette fabuleuse trouvaille a voulu se la jouer sérieux, et voilà donc que débarque Tom Cruise et son bar à cocktails au rayon cave de votre été. Déjà qu'on avait du mal avec la sangria, le rouge coupé au coca et le spritz noyé par la glace...
Mais revenons-en au fait. Quelle est donc la différence entre ce « wine slushy » et notre mythique rosé glaçon ? Et bien, dans cette version moderne comme dans tant d'autres, le principe réside dans le fait que le vin doive se faire le plus discret possible. Fini l'expression subtile d'un pinot bourguignon un soir de printemps, terminé la fraicheur sans pareille d'une gorgée de sancerre à l'heure de l'apéro, place au « wine slushy » ! Prenez quelques fruits congelés, balancez le tout dans un blender, arrosez d'une bouteille de pinard et mixez. Un peu de sable dans le slip de bain, des tongs, un marcel collant et on se croirait à la Grande Motte, un 15 août, avec un granité hors de prix à la main...

Ceux qui gueulent quand on leur balance un glaçon dans la timbale en seront pour leurs frais, maintenant on prend même le temps de vous vider directement le congélo dans le verre...

Bref, ce qui m'exaspère le plus dans ce genre de distraction liquide tendance pute de bord de route, ce n'est pas l'idée de coller quelques garriguettes à son godet de blanquette. Ça, on connait déjà, c'est pas forcément génial, mais ça peut faire l'affaire. Non, ce qui me fait jouer les vieux cons, c'est cette tendance "Cachez ce vin que je ne saurais voir !" qui ne cesse de fleurir ici et là dès que l'on cause pinard. 

Car ne nous y méprenons pas, si la désacralisation du pinard semble avoir le vent en poupe, ce n'est pas dans un souci d'accessibilité au plus grand nombre. L'éducation par le camouflage ne mènera sûrement pas les adeptes de la vodka caramel à lorgner du côté du raisin fermenté. Par contre, c'est tout à fait le genre de diversion permettant d'écouler par camions-citernes ces hectolitres de jus très bas de gamme aux provenances diverses. Faire du blé, toujours moins cher, vendre de la merde, ignorer le terroir, diluer la culture à la glace, faire de joli photo en maquillant bien le tout, mais en laissant sa dose d'alcool à celui qui en a vraiment besoin... 
Si vous voulez mêler le fruit et le vin, je pourrais peut-être vous parler de ma recette de poires pochées au Banyuls, qui de plus, vous évitera d'avoir à nettoyer un blender. Mais personnellement, quand les premiers rayons du soleil pointent à hauteur de mon verre, le rosé est toujours respecté. Tenez, prenez ce mix' de cinsault et syrah réhaussé d'un peu d’œillade muscate, une véritable friandise qui ne s'oublie pas en route, diluée dans je ne sais quelle accessoirisation hasardeuse. Coco Chanel qui en connaissait un rayon niveau mode, le disait bien : « Avec les accessoires, le plus important c’est de toujours enlever le dernier que l’on a ajouté. » 
Alors, de mon côté, je m'en tiendrez à ces conseils, et à la garde robe liquide proposée par mon cher Jeff Coutelou, qui a défaut de suivre les modes, a toujours eu du style*...

David Farge "ABISTODENAS

* « La mode se démode, le style jamais. » - Coco Chanel
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CINSAULT(veur) #18 : Autour du cinsault.




Saint-Privat, terroir d'altitude du Languedoc au cœur des Terrasses du Larzac. C'est ici qu'en 2007, un projet un peu particulier a vu le jour. À l'époque Olivier Jullien et Jean-Baptiste Granier unissent leurs force pour sauver une vigne ne correspondant pas au modèle économique voulut par la coop' locale. Olivier Jullien, c'est le proprio du célèbre Mas Jullien, ambassadeur local d'une viticulture de grande qualité, il accueille durant quelques années Jean-Baptiste Granier, alors étudiant en agronomie. De cette rencontre naîtront Les Vignes Oubliées...
Un projet est alors monté, les propriétaires de ces vignes adhèrent au projet, le vignoble passe en bio et l'aventure commence... Proposant d'abord une cuvée en Terrasse du Larzac, base de grenache, syrah et carignan, Jean-Baptiste Granier élabore dès 2013 une cuvée "Autour du cinsault", cépage caractéristique de notre Languedoc. Sur les sols de schistes et de grès de ce terroir poussent donc quelques grappes de ce pinot sudiste, cépage à l'élégance redoutable sous nos latitudes parfois surchauffées. Associé à une touche de grenache et de syrah, le voilà près à dévoiler ses charmes.
Le jus, assez dense, se range immédiatement à l'opposé du cinsault de comptoir à siroter sans soif... Nous voilà face à un vrai vin de gastronomie. On retrouve certes les marqueurs du cinsault et cette fraîcheur caractéristique du cépage, mais la bouche, ample et charnue, semble appeler le sang d'une viande goûteuse, plutôt qu'une salade d'endives. 
Bon, on parle là d'un vin encore jeune, un peu verrouillé au premier abord, mais qui sait s'ouvrir progressivement sur un ensemble élégant et plein, entre mûre sauvage, cassis et notes de garrigues. L'élevage (30% de demi-muids sur 2014) est discret et subtil, apportant cette patine qui sied si bien aux vieux cinsault. L'alcool est un peu présent en fin de bouche, mais assez bien équilibré par la fraîcheur de l'ensemble. Assez subjectivement, un goût et une curiosité personnelle me poussent à regretter un peu cet apport façon "cavalerie" du grenache et de la syrah. Avec le temps, ils calmeront peut-être un peu leurs ardeurs, à moins que ce ne soit mon palais de fillette qui soit devenu particulièrement sensible...
Bref, ces Vignes Oubliées sont véritablement une belle aventure. Une entreprise de coopération un brin différente du standard que l'on connait et qui devrait se poursuivre encore un bon bout de temps avec, notamment, la construction en 2012 d'une nouvelle cave plus proche des vignes exploitées. Pendant un temps hébergés au Mas Jullien, Jean-Baptiste Granier et ses vins volent donc maintenant de leurs propres ailes, et ainsi, peuvent continuer à promouvoir avec talent les terroirs de Saint Privat...

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CINSAULT(veur) à la carte...

Carte des cuvées de cinsault dégustées sur le blog :
Jean-Baptiste Granier

SARL Les Vignes Oubliées – St Jean de la Blaquière

lesvignesoubliees@gmail.com
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Crédits Photos : David Farge, Gouts du sud, Agnès Lescombes, Emanuel Perrin et Super Atelier.
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