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VDV #68 : Interdit au plus de 18 ans... le TEST !

Cher vendredistes en mal de sensations viniques, cette semaine nous allons nous adresser aux jeunes. C'est en tout cas ce que souhaite notre présidente du mois la culinopathe multitâches Nathalie Merceron

Parlons donc aux jeunes... 
Parlons donc des jeunes...
Mais au fait...
C'est quoi un jeune ?

Un jeune c'est avant tout un être en quête de son moi profond, un être habité par le doute, un être perméable et déboussolé à la fois. Un jeune c'est un peu ce tas de glaise posé sur son tour, attendant de prendre forme, un peu collant, assez dégueu, mais finalement attachant. Bref, malgré son apparence peu ragoutante, le jeune est avant tout un vieux qui s'ignore encore, une case par laquelle on est tous passé et dont on redoute parfois de se rappeler. Voilà, donc si vous êtes un de ces anciens boutonneux, un temps chevelu, un temps accoutré comme... (c'est parfois si difficile à décrire que je laisse ces points de suspension le temps que vous retrouviez vos photos de jeunesse), ce petit rappel était bien nécessaire. Non, un jeune n'est pas qu'un verre de pus délicatement réparti sur un visage à la pilosité naissante, c'est avant tout une immense ressource, transpirante certes, mais une immense source de savoir en devenir, grandissant pour l'avenir. Alors quoi de plus beau que de s'adresser à toi, jeune, dans ton transat décoloré par le soleil d'un été touchant à sa fin ? Rien, surtout quand il convient de parler pinard...
Alors pour toi, jeune, voici quelques tuyaux pour qu'à l'heure de l'apéro, celle du dernier métro, celle du verre de trop, la Valstar et la Kanterbräu soient remisées au frigo, que vos bouses chimico-tendances aussi sucrées que sans romance soient placées sur l’échafaud, et que trônent près du canapé quelques canons bien calibrés, près à être débouchés, pour des instants aussi décontractés qu'appropriés.

La première chose à  savoir, jeune, c'est que quand on parle vin, beaucoup pensent savoir, alors qu'en fait : primo, il n'existe pas une vérité du vin ; deuzio, en plus de ça, chacun a des goûts différents ; tertio, je sais pas trop, mais avec le primo et le deuzio, c'est déjà pas mal. Donc comme je ne vais pas tenter de t'expliquer une version parmi d'autres, le plus simple, c'est d'avoir quelques billes pour te jeter dans le grand bain.

Pourquoi boire du vin ?

Plus précisément, la question serait plutôt : pourquoi boire du vin au lieu des trucs à la con que tu as l'habitude d'ingurgiter ? Car, faudrait pas nous prendre pour des saucisses en nous faisant croire que toi, jeune, tu ne te mets pas parfois un petit godet de tout et n'importe quoi derrière la cravate (et je ne parle pas du petit canard plongé dans le pousse-café de papi Emile, le dimanche, durant la partie de belote familiale).

Donc, on boit du vin... pour le plaisir ! Eh oui, c'est aussi simple que ça, on ne se murge pas, on ne se biture pas la tronche, non, on se fait plaisir. Bon, je t'arrête tout de suite, se faire plaisir en buvant du vin, n'est pas un doux synonyme pour dire qu'on se pinte la gueule version bourgeois en approche de la quarantaine dans son studio parisien. Non, si tu en es là, il vaudrait mieux allez voir un psy (même Georges Clooney en a un), en plus d'être à la mode, ça permet parfois d'éviter de terminer à moitié débile, ou pire, dans une caisse en bois avant d'avoir fini de payer son scooter. Je passe aussi sur le côté : le vin c'est bon pour la santé, à dix huit piges, c'est avec un ballon, trois potes et deux copines qu'on se bouge le cul pour pas sédimenter, et puis de toute façon, les ritournelles du style manger, bouger ou pour bien grandir ne mange pas trop gras, blablabla... tu connais. 

Donc oui, boire du vin, c'est comme lire un bouquin, sauter à l'élastique ou écouter un disque de Neil Young (demande à tes parents si tu ne connais pas), on fait ça pour le plaisir, sauf que si on veut pas trouver ça trop chelou, on essaie de ne pas se retrouver seul. 
Alors tu vas me répondre que tu as déjà ce qu'il faut pour te faire plaisir... Eh, eh, eh, tu vas pas me faire croire qu'on apprend la musique en écoutant Annie Cordy. Ben l'alcool c'est pareil. Foutre trois tonnes de sucre, un peu d'alcool et de l'acide citrique dans un verre, à part te trouer l'estomac et te permettre d'oublier ce que tu bois (si tu en bois assez), je vois pas à quoi ça peut servir. Idem avec ton whisky/coca bas de gamme acheté en Espagne pour économiser trois pièces jaunes. Non, à un moment, il faut se respecter, respecter ses papilles bordel ! Et qu'on ne me parle pas de pognon, quand à vingt balais on est capable de mettre plus de cent euros sur la table pour une boutanche de rhum qui n'en a que le nom : "Parce que en discothèque, monsieur, c'est le prix !"

Où trouver ton vin ?

Pour moulte raison qu'on a pas le temps d'expliquer maintenant (mais tu peux lire ça, si tu veux ), déjà, on évite le Lidl ou le Super U du coin. Tu n'y trouveras pas que de la daube mais pas sûr qu'au moment du choix, les rouleaux de PQ posés à droite du rayon vin et les Apéricubes te faisant de l'oeil dix mètres plus loin, te soient d'un grand secours. Tu es, sauf exception, un newbie, assume, ce n'est pas bien grave ! Donc tu vas chez un caviste indépendant, le genre de gars qui sait normalement t'écouter et qui n'attend que toi pour taper la discute sur un sujet qui le passionne (Chouette, un nouveau copain !). Car tu vois, c'est un peu comme quand tes parents s'engueulent autour du moteur fumant de la bagnole en panne, ils aimeraient savoir, croient un temps savoir, mais finalement terminent chez le garagiste. Une sage décision qu'il ne faut pas hésiter à renouveler chaque fois que l'ignorance ou l'indécision subsistent.

Bon, t'as pas quelques idées tout de même ?

Nous y sommes, toi, jeune, tu as décidé d'arrêter les soirées pyjama, les teufs dans le garage arrosées au mauvais alcool font maintenant partie du passé, tu es en train de vivre une sorte de 1er janvier sans gueule de bois où ta première résolution sera de te mettre au jaja, comme papa et maman, et papi (même si lui, c'est pas pareil, car il croit encore devoir éponger l’excédent en se sifflant trois litres de 10° par jour). Je suis fier de toi, et pour te le prouver, voici quelques idées, quelques scénars permettant d'user du tire-bouchon, sans avoir l'air d'un cul pincé ou d'un vieux avant l'heure. Allez, je ne vais pas jouer mon animateur de colo, ou mon GO pour ado, mais fais ce petit test très sérieux et on reparle après...

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1- L'apéro à la sauvette

Il est 19 heures, tes parents sont en vacances, toi, tu gardes le chien et tu tonds la pelouse en échange de quoi tu devrais recevoir une obole te permettant quelques parties endiablées de baby-foot. Que veux-tu, il faut déjà que tu sois sensibilisé à une certaine forme d'exploitation, c'est nécessaire, tu verras. Donc, à un moment un couple d'amis ayant fini de se rouler des galoches dans le parc voisin décide de passer t'encourager, avant d'aller au cinéma en amoureux. Généreux, tu leur offres un coup à boire :

a- Tu sors trois Kro pas très fraîches et le reste de chips d'hier.

b- Tu passes chez ton caviste et tu reviens avec un truc barré fait par un vigneron qui ressemble à Bob Marley. Un chenin ariégeois capsulé comme une bière, aux parfums d'abricot et de reviens-y t'a dit ton dealer de vin.

c- Tu prends une bouteille dans la cave de tes parents même si tu sais que ce n'est pas bien.

2- Le barbecue entre potes (marche aussi pour les soirées pizzas et trucs du genre)

3 août, l'été bat son plein, les marcels ont remplacé les tee-shirts griffés et le pot de gel a laissé place à une apparence plus négligée. Normal, c'est les vacances, à peine si l'on se rappelle de ce que peut être une équation ou une métaphore. Bref, ce soir c'est barbeuc entre potes, reste plus qu'à trouver de quoi boire un coup.

a- Si on prend une bouteille de sky, on n'aura pas besoin d'acheter des cubes allume-feu.

b- Mon caviste m'a proposé une petite syrah avec un poil de viognier pour moins de 8 euros, j'en sais pas plus, mais je fais confiance.

c- Si on prenait une bouteille dans la cave de tes parents ? 


3- La soirée jeux à boire

Toi, jeune, je sais que tu sais que je sais. Oui, quand on est jeune et con, puisque ils sont vieux et fous... on aime jouer. Alors pour la déconne, on joue à picoler. Bon le truc est pas forcément drôle, mais ça existe, et on l'a fait. Alors pour pas que ça tourne au carnage et que la connerie l'emporte sur le reste, on peut :

a- Faire ça avec du Ricard, vu la proportion d'eau, ça doit être moins con et moins fort.

b- S'organiser une petite dégustation après un appro' thématique chez son caviste (et tant pis si ça tourne en barbeuc ou en soirée pizza, y a pire.)

c- Faire ça avec les vins des parents, ils ne doivent pas avoir trop mauvais goût.
Tiens, une petite cave sympa découverte il y a peu à Escalquens, près de Toulouse


4- La fin de soirée après les résultats du bac

Bon, là tu vas me dire qu'on ne peut pas toujours tout maîtriser. Je t'annonce tout de même que le bac, quand tu sais un peu ce qui t'attend après, c'est pas si dément que ça. Alors ok, c'est un très bon prétexte, mais c'est surtout le début d'autres emmerdes. Évite juste de terminer à la gnôle du grand père à trois heures du mat', pour le reste, on passera l'éponge.  

5- Le repas avec les darons

Voilà, tu as ton bac en poche, tu pars à la fac et tu vas connaître les joies de la cité universitaire. 9 m², la taille d'une cellule de prison, et surtout une crémaillère en deux temps : d'abord avec tes parents qui t'ont aidé à déménager ta lampe crocodile fétiche, ton djembé et ta bouilloire (les seuls trucs indispensables qui rentraient dans ta piaule) ; ensuite viendra le temps de fêter ça dignement avec tes potes, mais pas tout de suite, car là tes parents sont assis sur ton lit et attendent que tu leur offres un truc à boire.

a- Tu leur proposes des chupitos de vodka caramel. Le format idéal pour une chambre aussi petite. 

b- Tu as d'abord pris le temps de passer chez un caviste et tu sors de ta mini glacière électrique (autre outil indispensable de la piaule de cité U), une bulle de Limoux, ça fait champagne, sans l'effet indésirable sur le porte-monnaie.

c- Tu comptes sur tes parents pour te porter un truc de leur cave.

6- Le rendez-vous amoureux

Depuis qu'on t'a enlevé ton appareil dentaire, tes hormones sont en folie d'autant plus que ton acné juvénile a décidé de prendre congé de toi pour aller se poser sur la tronche de ta petite sœur. Ainsi, ce soir, après avoir préalablement prévenu tout le couloir de ton étage (isolation en cité U oblige), tu reçois ta dulcinée, celle qui en plus de te filer ses cours, te laisse profiter de ses amygdales à chaque baiser fougueux. Pour l'occasion (vous fêtez votre premier mois d'échange de salive), tu décides de mettre les petits plats dans les grands.

a- Aujourd'hui pas de sous-marque de bière, pas de vodka premier prix. Non, ce sera d'ailleurs du sans alcool (ou avec un trait de vodka peut-être), boisson énergétique à gogo...

b- Passage obligé chez mon caviste, une petite bouteille Ar Garedig (dulcinée en breton), à peine sucré, un volume de ouf, y a plus qu'à...

c- Je trouverai bien un truc chez mes parents, d'ailleurs faudra que je pense à leur porter le linge sale.

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Voilà, le test est fini, passons aux résultats...

Si tu as une majorité de a : Je pense que mon discours introductif ne t'a malheureusement pas touché. Peut-être est-ce un problème de prose, à moins que ce soit ton côté rebelle qui te pousse à ingurgiter ce genre de choses. Bon, après, pour le côté "c'est sucré c'est bon !", le problème vient peut-être d'un mauvais sevrage de ton régime Miel Pops commencé il y a maintenant 14 ans. Mais ne t'en fais pas, il existe pas mal de substituts viniques chargés en sucres... Demande à un caviste, et peut-être auras tu trouvé la porte d'entrée donnant sur le monde merveilleux du vin.

Si tu as une majorité  de b : Félicitations, tu viens de sortir en partie de ta crise d'adolescence. La curiosité et le savoir (bien) vivre sont deux moteurs de ta nouvelle vie. En plus tu t'es fais un nouvel ami qui te veut du bien : ton caviste. Y a plus qu'à maintenant...

Si tu as une majorité de c : Il serait temps mon grand (ou ma grande) de couper le cordon, d'acheter ton premier rasoir pour t'épiler les pattes ou la moustache naissante. Papa et maman ne seront pas toujours là pour t'épauler dans la vie (et encore moins pour t'aider à piller leur cave avec tes potes). Allez, tu es plein de bonne volonté, il ne reste plus qu'à partir sur le chemin de ce long voyage initiatique au pays du raisin. Courage !




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RHÔNE TRIP #10 : Un p'tit dernier sur la route...

2 blogueurs, une 2 CV rouge et blanche, 3 jours le long de la mythique Nationale 7, 300 km de Lyon à Avignon, 35˚ à l’ombre, beaucoup de belles rencontres. Dernière halte de notre périple rhodanien, la nouvelle AOP Gadagne nous fait jouer les prolongations à l'ombre d'une journée bien agréable. Allez, un p'tit dernier pour la route !

Filant toujours plus au sud à bord de notre 2 CV, c'est à quelques coups de klaxons de la cité des papes que nous venons poser nos papilles pour les dernières heures gourmandes de notre road trip vigneron. D'Orange, une quarantaine de kilomètres suffisent pour rejoindre Châteauneuf-de-Gadagne, berceau de la dernière née des appellations communales des Côtes du Rhône. En cette fin de matinée, nous garons donc notre carrosse au Domaine du Bois de Saint Jean où nous retrouvons Vincent Anglès et Sébastien Clément, deux représentants des sept caves et domaines de l'appellation. Vincent est ici chez lui, quand Sébastien œuvre quotidiennement au Domaine des Garriguettes, à cinq minutes de là. 
À bord d'un de ces véhicules ayant fait la légende de la N7, nous partons donc à la découverte des terroirs méconnus de Gadagne. Chromes rutilants, cliquetis et vrombissements assourdissants en cabine accompagnent notre lente montée vers le plateau de galets roulés mêlés d'argiles rouges drainés par l'ancien cours du Rhône. Sur les terres de Frédéric Mistral, là où romains et ecclésiastiques de haut rang perpétuèrent depuis des siècles cette tradition vigneronne, s'exposent à présent et avec une certaine fierté, les ceps de ces Côtes du Rhône affublés depuis 2012 du toponyme local. Au cœur de ce paysage de vignes protégées du vent par quelques haies de cyprès se joue ainsi la nouvelle partition d'une appellation à découvrir. 
De retour au village, la carte postale en boîte, nous prenons donc la direction du Mas des Vertes Rives pour une dégustation de ce premier millésime reconnu en appellation village. Ce qui est bien avec les petites appellations, c'est qu'il n'est pas très compliqué de recueillir un échantillonnage complet de la production. Nous voilà donc réunis autour des sept rouges 2012 portant la dénomination Gadagne. Une production faisant la part belle au grenache, souvent mûr, construisant ainsi des vins denses dans la tradition d'une identité rhodanienne au fort accent méditerranéen. Mais dans cette mêlée bodybuildée, deux voix discordantes proposent un autre visage à déguster. 
Vincent Anglès (Domaine du Bois de Saint Jean)
Sébastien Clément (Domaine des Garriguettes, Agriculture Biologique)
En effet, les deux vignerons présents à nos côtés, qui avaient préalablement charmés Guillaume, notre monomaniaque de la syrah, proposent une interprétation bien différente du Gadagne version raisins fermentés. Ici, c'est la syrah qui prend largement le dessus dans une quête de fraicheur salvatrice sous de telles latitudes. Ajoutez à cela des élevages où le bois sait se faire discret, et vous obtenez de bien beaux jus digestes, portés par la vivacité d'un fruit bien frais, rendant affriolante toute nourriture méditerranéenne passant sous la dent.
Une cuisine qui nous aura été donnée de goûter allègrement durant ce beau repas. Au programme : olivade, duo de mousse de foie aux figues et crespeù de blette avec gressin paprika et badiane, cerises au vinaigre, puis, canard du jardin, fromages, dessert... le tout dans une expression du fait maison à en faire pâlir un logo déjà réchauffé. Une sacré belle adresse authentique, sans chichi, qui aura su agrémenter une belle journée aux côtés de Vincent et Sébastien, vignerons de caractère.
Voilà, le sourire aux lèvres, nous rejoignons maintenant Avignon. Une dernière manœuvre, quelques mots échangés sous les pierres chargées d'histoire du Palais des Papes et l'heure est déjà venue de se dire au revoir. Car le long de la mythique Nationale 7, c'est bien un immense pan de la viticulture française qui s'exprime avec force et personnalité. Là-bas, des hommes et des femmes participent au quotidien au rayonnement d'un patrimoine magnifique au cœur duquel trône la vigne. Le temps de quelques nouvelles aventures et nous reviendrons, c'est certain...
Merci d'avoir suivi nos aventures et à bientôt... autour d'un verre !


    
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CINSAULT(veur) #6 : Laisse tomber le Pastis de La Jonquera !

Pas de repos pour la rubrique CINSAULT(veur)... Tant que les notes sont fraiches, autant en profiter pour vous faire découvrir un nouvel ambassadeur de ce cépage. Alors aujourd'hui, cap sur les terres catalanes du Roussillon, au Domaine de Nidolères, où œuvrent Pierre et Raphaël Escudier. La commune de Tresserre, lovée au cœur des Aspres, est un petit nid sauvage à l'abri de la foule estivale envahissant un littoral prédestiné aux envies d'ailleurs des citadins vacanciers. Un domaine qui vous veut forcément du bien, car là-bas, il parait même que l'on peut y dormir, s'y remplir la panse et ainsi, le cœur léger, partir à la découverte d'un arrière pays aussi magnifique que méconnu.  

Mais trêve de cartes postales bucoliques, penchons nous un peu plus sur le côté vigneron de la chose.  Au domaine on cultive la tradition : grenache, syrah, mourvèdre et carignan trônent ainsi en bonne place dans ces rangs argileux revêtus d'une épaisse couche caillouteuse, compagnon bien utile à l'heure d'apporter un soupçon de fraîcheur à un terroir parfois chauffé à blanc par l'incandescence du soleil d'été. Concernant le travail à la cave, le domaine n'utilise plus de bois, afin de préserver la typicité de leur vin. 

(Tiens, la typicité et le bois... deux choses forcément incompatibles ? En voilà une question quelle est bonne... Un sujet à creuser un de ces jours.)
Et puis, au cœur de la mêlée, il y a celui que l'on voit pas toujours, sorte de coupeur de citron, qui, quand il entre en jeu, peut te faire gagner la partie sur une de ses envolées dont lui seul a le secret. Lui, c'est notre cinsault. Au Domaine de Nidolères comme ailleurs, il n'est pas parmi les premiers de la classe, lui qui finit le plus souvent dans une cuve de rosé aurait pourtant de quoi collectionner les bons points si on le laissait virer au rouge plus souvent. Ainsi, chez les Escudier c'est une cuvée relativement confidentielle qui lui est dédiée. Intitulée sobrement Le Cinsault, c'est un jus issu d'une vigne de vingt ans au rendement maîtrisé avoisinant les 35 hl/ha. Ensuite, rien de bien révolutionnaire, une macération traditionnelle d'une quinzaine de jours avec quelques remontages. 

Une fois dans le verre, ce 2013 présente une robe violacée aux reflets de cerise bien mûre. Le jus ne semble pas très dense et développe un nez entre griotte et fruits noirs. En bouche, l'ensemble est friand, un poil monolithique et laisse penser à un bon petit beaujolais ayant pris une quinzaine de repos dans les P-O. Bon, le vin ne pousse pas la caricature jusqu'aux bordels de La Jonquera et au delà de son côté avenant, il sait rester bien gouleyant, aidé par une fluidité et une allonge épicée très appréciables. Au final, un bon pinard de casse-croûte, alternative à haute valeur ajoutée au jus de cerise et autres rafraîchissements de gamins.

Il ne reste plus qu'à trouver un temps pour rendre visite à cette famille de vignerons, et y partager, outre quelques godets, la beauté d'une région ne menant pas qu'au Pastis frelaté du Perthus.

David Farge "ABISTODENAS"


Domaine de Nidolères
66300 Tresserre
Tel: 04 68 83 15 14
Fax: 04 68 83 31 26


Auberge du Domaine de Nidolères
66300 Banyuls del Aspres
Tel: 04 68 83 04 23
Fax: 04 68 83 31 26


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CINSAULT(veur) à la carte...

Carte des cuvées de cinsault dégustées sur le blog :
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CINSAULT(veur) #5 : En attendant la relève...

C'est l'été, loin des soupes tanniques hivernales, ce sont les robes légères qui virevoltent dans les verres, au premier rang desquelles le cinsault, souvent à l'aise à l'heure de se faire une place de choix sur les tablées estivales. Catalogue liquide des représentants de ce cépage méconnu, sorte de pinot sudiste au potentiel insoupçonné, voici un nouvel épisode pour continuer de faire connaissance avec notre CINSAULT(veur)...

En route pour de nouvelles expériences cinsaurielle, aujourd'hui, c'est du côté de Saint-Jean-de-Fos que nous nous rendons, au Mas Conscience. Revenu sur ses terres d'enfance en 2003, Laurent Vidal vinifiait depuis les vins du domaine, mais dernièrement, celui-ci vient de passer le flambeau à Nathalie et Eric Ajorque, deux passionnés décidés à perpétuer le travail qualitatif du domaine. 

Pour avoir souvent rencontré les vins de ce domaine, il est des histoires de goût que l'on n'explique pas toujours. Si je n'ai que rarement été séduit par ces jus au demeurant bien fichus, l'intérêt que je porte au cinsault m'a bien souvent amené à retourner en terre héraultaise, pour goûter à cette cuvée prometteuse, qui dans un élan enfantin est censée vous balader entre ciel et cieux. 

Oui, ça faisait bien longtemps que je voulais parler de cette bouteille : un domaine consciencieux dans son approche du terroir, des caractéristiques souvent proches d'une viticulture sudiste que j'affectionne, avec de belles acidités, des extractions maîtrisées et un boisé anecdotique voire même ignoré au nom de la préservation d'un fruit originel prépondérant dans l'élaboration de ces jus... Difficile alors de ne pas jouer les curieux en ouvrant quelques flacons du domaine.

Vendanges manuelles, biodynamie, levures indigènes, rendements maîtrisés autour de vignes à la soixantaine parfois bien tassée, une chose est certaine, ici, on prend soin du raisin, de la vigne à la bouteille. Avant la mise, qui subit un léger sulfitage, les rouges passent le plus souvent par le béton, garant d'une fraîcheur souvent salvatrice dans la région, quand les blancs restent dans l'inox. 

Et notre cinsault dans tout ça ?

Une vigne quinquagénaire sillonnant les sous-sols d'un terroir d'éboulis calcaires permet l'élaboration de cette cuvée. Une fois les raisins rentrés au chai, après une vinification traditionnelle, ce sont 7 mois de cuve béton qui vont finir de crayonner ce vin qui terminera de se mettre en place après quelques mois de bouteille. Et aujourd'hui, ce Ciel Cieux 2011 passe pour la énième fois entre les lames de mon tire-bouchon...

À l'ouverture, une bonne réduction s'empare du verre, des notes passagères, laissant penser à d’entêtantes fragrances de sésame ou de cacahuète. Gênantes au premier abord, elles appellent immédiatement un apport d'air salutaire. Ensuite, au travers d'une robe sombre parée d'un léger voile transparent, le cinsault fait son entrée. On y retrouve les marqueurs typiques de ce cépage : le bois de rose, les baies sauvages... mais rapidement une note de caramel vient déséquilibrer l'ensemble. En bouche, la finesse du cépage ne fait point de doute : attaque vive et mordante, tanins fins et belle fluidité accompagne la découverte du vin. Malgré tout, le milieu de bouche présente un léger creux rendant le fruit un peu plus discret et le ravissement tant attendu se laisse finalement désirer. Après quelques heures d'ouverture, le vin joue plus aisément sa partition, libérant de belles notes épicées jusqu'à cette finale saline portée par des tanins encore un peu asséchants. 

Et si finalement il ne manquait pas une paire d'années à l'ombre d'une cave pour que ce cinsault, aujourd'hui un peu chahuté dans nos verres, ne se livre vraiment ? Cépage encore trop souvent considéré comme immédiat de part sa faible colonne tannique, il n'en demeure pas moins un délicat ambassadeur des équilibres portés par de belles acidités, garantes d'un sérieux potentiel à l'heure d'affronter le temps.
Alors finalement, pour une dizaine d'euros, cette bouteille de belle facture joue un rôle plaisant, mais quand le cinsault peut parfois arborer le regard onirique d'une Lauren Bacall, difficile de se contenter d'un second rôle au regard charmeur légèrement chancelant.   
Consciencieux, je ne tarderai pas à goûter les millésimes suivants, en attendant, pourquoi pas, une visite dans le coin afin de faire connaissance avec la relève en charge de faire perdurer le travail d'une décennie, au cœur d'un des plus beaux terroirs du Languedoc .



Mas Conscience
 
Nathalie et Eric Ajorque  
Route de Montpeyroux 
34150 Saint-Jean-de-Fos 
Tél : (+33) 06 76 78 56 14

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CINSAULT(veur) à la carte...

Carte des cuvées de cinsault dégustées sur le blog :

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RHÔNE TRIP #8 : La parenthèse inattendue

2 blogueurs, une 2 CV rouge et blanche, 3 jours le long de la mythique Nationale 7, 300 km de Lyon à Avignon, 35˚ à l’ombre, beaucoup de belles rencontres. Ultime soirée, la fatigue aidant, le réconfort d'un cocon gourmand se fait très agréable...

Malgré la passion, le plaisir des rencontres et les kilomètres avalés à une allure de sénateur au volant de notre bolide, le corps a parfois ses faiblesses que la fatigue rappelle. Dans notre marathon vinique sur les routes du Rhône, cette deuxième journée fut particulièrement dense. Après avoir escaladé le vignoble escarpé de Brézème, traversé avec gourmandise le territoire de Grignan les Adhémar, fait tourné le compteur de la deuche pour trouver un peu de mélange et repartir ainsi plus sereinement, la chaleur ayant fait aussi des ravages, notre soirée libérée de tout nouveau rendez-vous s'annonçait plus légère, d'autant que nos velléités de repos n'étaient en aucun cas teintées d'une éventuelle abstinence liquide.   
Sortis quelques temps de la Nationale 7 pour profiter des paysages sauvages de la Drôme provencale, nous voilà donc de retour sur notre itinéraire menant à Avignon. Déjà plus de 200 kilomètres au compteur et voilà que se profile Piolenc et son musée de la N7, Orange et son théâtre antique. Et c'est justement à quelques encablures de le Cité des Princes que nous devions faire escale. Niché au cœur d'un parc ombragé, Le Mas des Aigras est un de ces lieux que l'on est content de découvrir. Totalement liquéfiés par notre périple du jour, il fut en effet difficile de ne pas considérer la piscine trônant face à nos yeux comme un bienfait salvateur pour nos organismes.  
Mais nos papilles n'ayant à priori pas autant souffert de la chaleur, c'est avec un réel enthousiasme que nous nous installâmes à La Table du Verger, restaurant de l'établissement. Et évidemment, en bons esthètes pinardiers qui se respectent, c'est par la carte des vins que nous engageâmes nos réjouissances du soir : une belle carte mettant à l'honneur pas mal de beaux noms régionaux. Ayant nous même de quoi faire avec quelques brézèmes du Domaine Lombard, restés dans le coffre depuis le matin, nous jetâmes notre dévolu sur une des icônes des Côtes-du-Rhône : Emmanuel Reynaud
Début de repas, autour d'une assiette de charcuteries, nous sommes étonnamment surpris par le Brézème blanc de Julien et Emmanuelle, un blanc émancipé, ayant pris de l'amplitude et de la vivacité après quelques heures de vadrouille. Puis, nous attaquons la carafe déposée à nos côtés : un Château de Fonsalette rouge 2004, dense, charnu et encore bien jeune qui allait accompagner bien plus que notre pièce de taureau saignant dans l'assiette. En effet, à la table voisine, c'est un autre vin du sieur Reynaud qui venait d'être débouché : une Pialade 2007, un vin que j'affectionne particulièrement de part son inévitable profil bourguignon à l'accent sudiste charmeur. Ni une ni deux, afin de perpétuer les valeurs de partage du divin breuvage, je proposais à nos proches compagnons de tablée de goûter à notre flacon en échange d'un verre de ce "petit" vin de chez Rayas, et ce, afin de profiter d'un parallèle intéressant. Qui a peur de la subjective lourdeur des vins rhodaniens se doit de goûter aux vins d'Emmanuel Reynaud. Les sols de safres qui baignent les pieds de grenache, cinsault ou syrah ; les nombreux bosquets entourant le célèbre Château de Rayas, sont autant de caractéristiques conférant à ces vins, au-delà du travail d'orfèvre de la famille Reynaud depuis des générations, cette touche unique, subtile conjugaison du raffinement et de l'élégance. Avec de tels compagnons de verre, la soirée s'en trouva magnifiée, et c'est autour d'un Eugène de Monicault 2012, Brézème rouge brillant, mordant et séveux que nos agapes prirent fin, non sans avoir appris que notre voisine de table, jeune vigneronne en devenir, reprendrait sous peu le domaine familial, avec un certain Emmanuel Reynaud pour modèle et un terroir sableux prometteur comme terrain de jeu. 
Quelques heures de sommeil plus tard, c'est un rendez-vous avec l'Histoire qui nous attendait. Un passé captivant que Guillaume vous contera la semaine prochaine. Et c'est avec regret, après un petit-déjeuner qui n'avait de petit que le nom, que nous quittâmes la quiétude gourmande du Mas des Aigras, pour continuer, rassérénés, notre périple rhodanien.
 
... à suivre !


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Polémique gasconne...

La polémique a enflé si vite, mettant toute la glouglousphère en émoi, déliant les langues, aiguisant les argumentaires pour mieux tailler les égos. Comme un pet sur une toile cirée, ce bourdonnement au relent de soufre gascon a parcouru le web en quête de vérité, se limitant malheureusement, le plus souvent, à un choc de générations aux allures de lutte des classes... L'Internet pinardier en sort-il grandi ? Peut-être, peut-être pas, mais à mon humble avis, le plus important reste que les opinions s'entrechoquent et que ce groupuscule aux allures de village gaulois, parfois imbibé au mauvais alcool, continue de s'épanouir dans le respect de tous.

Oui, car il ne faut pas exagérer, ici, point de gantelet jeté à terre, ou de vindicte numérique. Juste un échange de points de vue tantôt marqués par l’hégémonie du seul goût, juge impartial, livrant son verdict sans atermoiement possible, tantôt sous forme de discours de politique générale appliqué au vin.

Pataugeant d'une plage à une table, d'un coin de ciel bleu à la flaque laissée là par une averse, les pérégrinations estivales sont l'occasion de se pencher sur la chose vinique. S'autorisant des excès que le quotidien ne verrait pas d'un très bon œil, l'été et ses plages de temps suspendues au bord des verres, permet ainsi d'attendrir quelque peu ses papilles.
Ainsi, alors que l'heure n'est en aucun cas à la précipitation, comment percevoir ce brusque coup de coude, quand arnaché au comptoir d'un été bien entamé, on se voit proposé par une des belles plumes du web liquide, d'ailleurs dégustée régulièrement, un verre ou deux d'une potion mercantile, trop souvent solution de facilité. Tariquet, le voisin faisant référence chez bon nombre d'adeptes du verre de blanc à l'apéro. Ce mastodonte du sud-ouest, implanté en Gascogne, dont la dénomination tient plus de la marque ou de l'appellation que du nom de domaine à l'origine du succès de la famille Grassa.

Une success story liquide évoquée, non sans une once d'ironie, l'an dernier, à l'occasion d'un de ces tests légers que l'on ingurgite à l'ombre d'une couche de crème solaire :
Détourner son regard de Tariquet et consort, c'est aussi s'engager contre toute forme de standardisation du goût. Car les millions de bouteilles produites à Eauze, en plus de contenir de quoi plier pas mal d'asthmatiques en moins de deux, visent une uniformisation de la production d'une année sur l'autre, sans âme, les vins s'en trouvent à la longue ennuyeux, malgré une apparente facilité à les picoler bien frais... 
Alors, je ne vais pas vous la refaire quinze fois, en long en large et en travers, car même si les relents excusables de nos compères d'écriture (car nombreux ont été ceux qui y sont allés de leur refrain décomplexé, la facilité du propos aidant), tendent à légitimer des faiblesses évidentes quand il s'agit de boire un coup en plein désert, il est aussi simple d'affirmer son goût en le teintant d'un brin de politique.
À l'image d'un Pousson (qui dans un élan de camaraderie, vint soutenir son ami élevé au carignan ???) fustigeant il y a peu, avec un enthousiasme que j'aimerais le même ici, la colonisation des cartes liquides en restauration par les Caca-Cola & Cie, c'est avant tout ce droit à la diversité que je souhaite réitérer dans ces quelques lignes. Oui, car le problème est bien là. En effet, s'il n'est pas crédible de condamner Tariquet sur l’autel d'un certain bon goût (car en toute objectivité, les produits sortant de ces usines ne sont après tout pas si mauvais), c'est bien cette impression de standardisation du goût s'affranchissant de toute empreinte affective ou morale qui pose problème. Alors non, quand on boit un verre de Tariquet on ne croque pas la pomme d'un éventuel pécher originel, mais tout de même... 

Que d'efforts consentis par ces milliers de petits, sans porte-voix, mais non dénués de savoir-faire ! Je repense ainsi à ma dernière visite chez Floréal et Claudine Roméro, dont les vignes jouxtent en partie celles de la star locale. Alors, plutôt que de tirer mon plaisir vers le bas, je préfère amplement tirer mon chapeau à ceux qui font vivre cette diversité. Pas toujours facile à comprendre, elle bouscule simplement l'autoroute d'un quotidien à l'unicité faussement réconfortante.  
Une uniformité que l'on constate malheureusement trop souvent à l'heure de parcourir la carte des vins de bon nombre de cantines plus ou moins apprêtées. Poussant ainsi la porte du cousin et de la cousine brivistes, tenanciers du restaurant Amédélys, attablé non pas pour discuter famille, mais bien pour abuser de la fourchette et de quelques décoctions à la carte, quel ne fut pas mon plaisir de constater à nouveau qu'une cuisine simple, faisant la part belle aux produits frais, tout en prenant soin du budget vacances, ne délaissait pas la dimension liquide si importante à mes yeux. Et pourtant, malgré quelques visites d'aficionados du goulot, ce n'est pas pour ces convictions bachiques que le restaurant fait salle pleine durant l'été. Mais aux sirènes d'une facilité tendant les bras, c'est bien une curiosité, certes chronophage, mais bel et bien passionnelle, qui permet à tous de prendre soin de ses papilles, du verre à l'assiette, une fois les coudes posés sur la table.  
Une de ces tables ne laissant pas le choix du déjà vu conditionné pour tous, mais offrant l'excitation de la découverte. L'inconnu fait souvent peur, l'infantilisation des masses permet de minimiser les risques et d'éviter d'essuyer les refus ou la désapprobation du bon peuple. Alors un peu de sensibilisation à l'inexploré ne peut pas faire de mal, n'en déplaise aux autoroutes du goût formaté.
L'autoproclamé Taulier parisien a beau se gausser des prétendues intentions révolutionnaires portées par le discours "obscurantiste" de quelques ignares jeunes loups, il est tout de même un monde d'écart entre émettre le souhait d'une éducation pour tous, affutant le libre arbitre de chacun, et l’instauration d'un dictat vilipendant les malotrus ne goûtant pas l'utopie d'un monde glorifiant le vin au goût de chèvre... Mais bon, les raccourcis et les grandes citations font briller les argumentaires. 
Car, il n'est aucunement question d'éreinter le propos de notre Mister Carignan, simplement de rappeler que si l'on s'évertue à citer le rôle de la famille Grassa dans la reconnaissance d'une région viticole peu à peu délaissée, il faut aussi penser à regarder vers l'avenir. Un avenir, qui par ces modestes interventions, diluera peut-être un peu la prépotence de notre gros malabar gascon, laissant ainsi un semblant de place à des discours liquides un brin différents.
Et tant qu'à jouer les distributeurs de bons mots ou de belles histoires, je me permets de partager cette définition du vin proposée par Colette. Pas d'explication grandiloquente ou de discours prétentieux, non, une simple vision pluraliste où tout le monde pourra trouver une place, sans que les pedigrees de chacun ne soient mis à l'épreuve des chiffres et du simple goût :
"Le vin est issu de la terre dont il est la traduction, il est l'assemblage des qualités du sol liées au hasard et au bienfait du climat. C'est le résultat du travail de l'homme: dur labeur des vendanges et gestes ancestraux vont engendrer une divinité à qui l'on doit le respect. Le vin n'a rien d'un monolithe, c'est la diversité même."
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