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Moi, Jules, 6 ans, apprenti vigneron...

Bonjour, je m'appelle Jules, 6 ans, bientôt pensionnaire d'une classe de CP qui devrait me permettre, d'ici quelques années, de pouvoir me passer de mon papa pour écrire les histoires que j'ai envie de vous raconter.

Mon papa ? C'est celui qui vous saoule avec ses phrases à rallonge et qui bassine ma maman avec son "blog".  Mais je l'aime bien quand même mon papa. Surtout quand il joue au rugby avec moi, qu'il m'amène au cinéma ou qu'on va pique-niquer à la piscine. Par contre, quand il me propose de l'accompagner pour une histoire de vin, je me méfie toujours un peu... Sûrement à cause de cette après-midi de juin, où je me suis endormi sur le parking de graviers d'un vigneron, la tête sur mon doudou, pendant que Papa découvrait quelques "vieux millésimes". Je ne devais même pas avoir 3 ans, et ce jour là, il parait que Maman a eu une grosse discussion avec Papa. Aujourd'hui, rien n'a vraiment changé, mais Papa est quand même un peu mieux organisé.
Alors, quand il m'a dit qu'on allait passer la journée chez Jeff Coutelou pour faire du vin, j'ai d'abord posé quelques questions pour savoir ce qui m'attendait vraiment... et puis j'ai dit oui.

Bref, là, c'est moi qui vous parle, même si Papa bidouille un peu ce que je lui raconte. Mais le truc le plus important dans cette affaire, c'est que moi, j'ai passé une super journée...

Bon, ça n'a pas vraiment commencé comme je l'espérais car Papa m'a prévenu qu'on allait devoir se lever tôt. Il faisait jour depuis pas longtemps quand on est parti en voiture, j'étais fatigué, mais je posais beaucoup de questions car je ne savais pas vraiment trop comment on faisait du vin.
Quand on est arrivé, Jeff avait déjà commencé à ramasser des raisins, c'était du muscat. J'ai pris un sécateur de grand et j'ai rempli deux caisses avec Papa. J'avais peur de me couper, mais finalement tout s'est bien passé. Ensuite, on est allé ramasser quelques grappes de sauvignon pour voir si elles étaient mûres, car tous les raisins ne sont pas mûrs en même temps, c'est comme ça. J'ai écrasé un raisin sur la petite vitre d'un objet bizarre qu'on appelle réfractomètre et en regardant dans l'appareil, il était écrit 12. Jeff a dit que ce n'était pas encore assez et qu'il fallait donc encore attendre quelques jours avant de les ramasser, mais moi je trouvais que les raisins avaient déjà bon goût. 
Puis, on a ramené les caisses à la cave et on a foulé le raisin. C'était vraiment le plus rigolo car j'ai pu écraser les raisins pieds nus. Ça sentait bon et le jus coulait entre les doigts de pied, c'était cool. Après, on a versé les caisses de raisin dans le pressoir pour récupérer le jus. C'est moi qui surveillait le pressoir, il fallait presser doucement car le vin sera meilleur si on prend son temps. On a dû presser les raisins trois fois pour récupérer presque 300 litres de jus. À chaque fois qu'on recommençait, Jeff appelait ça faire une rebèche, je trouvais ce mot drôle, et puis c'était cool parce qu'on devait mettre les mains dans le raisin pour défaire une sorte de gros gâteau tout vert.
 
Le jus, on l'a d'abord goûté, et puis, à chaque fois qu'une caisse était pleine, on la versait dans une cuve. C'est dans la cuve que le jus de raisin se transforme en vin grâce aux levures qui sont sur la peau des raisins. Jeff m'a expliqué que c'était des champignons microscopiques qui transforment le sucre en alcool. Mais le mieux, c'est qu'on a rempli une bouteille avec du jus de muscat pour que je la ramène à la maison. Ça fait deux jours que je me régale avec, mais on n'en a plus...
Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre... 

Jeff nous a dit qu'il espérait arriver à faire un vin pétillant avec ce qu'on a ramassé. Il me tarde de savoir si on a bien travaillé. Juste avant de partir, Jeff m'a aussi donné une autre petite bouteille avec du jus de raisin. Il m'a dit de bien la surveiller et qu'elle devrait bientôt commencer à faire des bulles : ça voudra dire que le jus se transforme en vin. Pour le moment il ne se passe rien, mais c'est pas grave, car Papa a dit que si ça marchait pas on pourrait en faire du vinaigre. Mais bon, moi je préfèrerais que ça marche car j'aime pas trop le vinaigre...
Sûrement qu'on reverra Jeff bientôt, et puis Icare, son chien, car bientôt Papa retournera chercher du vin à Puimisson (Papa achète souvent du vin). 

En attendant voici quelques photos que j'ai prises durant la journée...

Montage créé avec bloggif


Un grand merci à Jeff, Carole, Michel, Julien, Alan et Jérôme pour leur accueil et leur gentillesse durant toute la journée.
 
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CINSAULT(veur) #13 : Danjou... Feu !

Comme souvent cette nouvelle histoire de bonne boutanche commence autour d'une table... 

Comme souvent on y retrouve des copains et de la bonne bouffe...

Trois kilos de côte de bœuf et quelques préliminaires caloriques embarquèrent ainsi pour quelques heures un flot de réjouissances liquides des plus opportuns à l'heure où l'été frappe les nuques sans retenue. Que voulez-vous, on ne se refait pas.

Bref, c'est au cœur d'une enfilade de flacons digne d'un embouteillage estival que se glissa notre cinsault du jour. Une bouteille un peu particulière car aujourd'hui presque disparue de la circulation. Mais cela nous n'en savions rien car arrivée emmitouflée dans une chaussette de velours, la belle ne nous dévoila pas toute son histoire dès les premiers instants de notre rencontre. Et en toute honnêteté cela fut préférable car j’espérais tellement croiser ce flacon qu'il eut été difficile d'en parler autrement qu'avec le regard d'une enfant face à un troupeau de licornes... 
Nous partons donc du côté d'Espira de l'Agly, à quelques encablures de Tautavel, au cœur des Pyrénées-Orientales, sur notre Route 66 à nous. Là-bas sévissent avec talent les frères Danjou, Benoit et Sébastien, dont je vous avais déjà parlé il y a quelques temps déjà, lors d'une visite au domaine. Recroisés dernièrement, à l'occasion d'un repas mémorable dans notre belle ville rose, je puis vous assurer qu'ils se portent toujours très bien et que leurs vins sont toujours aussi plaisants ! Quel plaisir de regoûter à leur cuvée de carignan gris, une Truffière bien nommée que je place sans sourciller au sommet des vins blancs de la région. Et que dire des Myrs, un carignan cousu main dans une dentelle d'épices aussi fine que vivace... 

Mais leur cinsault est une toute autre histoire. On ne parle pas là d'un de ces vins de gobelet remplissant les verres pour rincer les gosiers, rafraîchir les glottes, à grosses lampées de jus de fruits. Non, Espurna, c'est une petite parcelle livrant à dose homéopathique ses quelques grappes de cinsault au travail méticuleux des frères Danjou. Si mes chiffres sont bons, ces quelques souches immergées dans un bain de schistes auront permis de vinifier la quantité pharaonique d'environ 500 bouteilles en 2011, à peine un peu plus en 2010. Et au delà de cette production clairement anecdotique, c'est le caractère donné à ce vin de part ses 20 mois d'élevage sous bois qui confère une personnalité si particulière à cette bouteille. 

Sur cette version 2010, le cinsault arbore une réelle structure et comme je le disais plus haut, on est loin des tisanes glouglou pour hipster parisien. 

Dans un premier temps un peu austère, le vin présente un grain un peu rustique et une aromatique légèrement en dedans. Sûrement servi un peu trop frais, le cinsault boîte un peu. Mais après service d'un verre, en reprenant la chaleur, c'est un tout autre vin qui se présente. Vif, souple, Espurna fait maintenant des étincelles. Plein de charme, s'écoule du verre des notes de figue et de framboise soutenues par l'élégance d'une touche balsamique qu'une pointe fumée vient tendrement colorer. Comme la caresse odorante d'un cigare balayant la patine d'un jukebox où tournerait un bon vieux blues, le vin joue sa partition avec le grain délicat et chaleureux d'une vieille Thorens appliquée. Regoûté le soir, on ne bascule en rien sur de la mélodie de face B, c'est encore très bon, sinon meilleur, le vin semblant avoir pris de l'allonge et de l'assurance. 

Un vrai cinsault de gastronomie qui saura affronter les années tel un bourguignon sudiste en cavale. On remet ça quand vous voulez ! Danjou... Feu ! 

David Farge "ABISTODENAS"

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CINSAULT(veur) à la carte...

Carte des cuvées de cinsault dégustées sur le blog :
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Bref, j'ai bu du vin anglais.

Bref,

J'ai une amie qui vit en Angleterre. Cette année on a donc décidé de passer nos vacances là-bas, et avant de partir, y a un pote qui m'a dit : "Chouette, tu vas pouvoir goûter du vin anglais !". Ne me demandez pas pourquoi il a dit ça, mais au final l'idée a fait son chemin et on a voulu essayer.

J'étais vraiment pas sûr que ce soit une bonne idée parce que l'Angleterre c'est avant tout : la pluie, le fessier de Pippa Middleton, le thé, une équipe de rugby que tout le monde déteste, la bière, la pluie, une vieille en tailleur jaune canari ou bleu turquoise qui a une chanson à son nom, des bagnoles qui roulent à contre-sens, et surtout, le fessier de Pippa Middleton, mais je crois que je l'ai déjà dit.

On a donc rendu visite à la reine, bu quelques bières, montré Big Ben au petit, parlé anglais avec des gens qui n'étaient pas certains que nous leur parlions anglais, et puis il a plu... Alors on s'est abrité au pub et on a encore bu quelques bières. 

Heureusement, on avait prévu de passer un peu de temps au bord de la mer. Enfin, quand je vous parle de mer, je parle de la mer du Nord, celle de Brel, avec la brume et les chemins de pluie comme unique bonsoir, mais aussi comme unique bonjour. C'est le moment où pour éviter la déprime toute personne normalement constituée décide de se réfugier dans la bouffe. Problème : je suis en Angleterre. Ici, les haricots verts se mangent cru, les carottes sont vendues sous plastique déjà découpées en bâtonnets, il y a des détecteurs de fumée dans les cuisines et la friture fait office de spécialité nationale. Alors, en dernier recours, on pousse la porte du pub et on prend une bière.

Une semaine s'était écoulée, j'avais l'impression de sentir le houblon par tous les pores, je sentais le regard interloqué de tout un peuple qui se demandait vraiment ce qu'on foutait ici et l'amitié ne leur semblait pas être une explication suffisante à l'évocation du pourquoi de notre périple sous de telles latitudes. Alors, lorsqu'un matin, entre deux cuillères de beans et une tranche de bacon, je découvre qu'on fait du vin à quelques miles du cottage, j'enfile mes bottes, un ciré et je délaisse un instant mon porridge et mon décapsuleur pour le tire-bouchon de rigueur.  Malheureusement je me confrontais rapidement à une vision bien différente du vin : Impossible de déguster, impossible de visiter, impossible de discuter avec quelqu'un du domaine. Un salon de thé sert de salle de réception, j'engloutis donc une paire de scones à la crème et je repars tout de même avec une bouteille de blanc achetée au comptoir...

Bouteille au frais, quelques gambas dans une poêle, je sers un premier verre... C'est exotique, acidulé et surtout cher pour un sacré mal de tête assuré. French rock is like english wine...  Alors, comme depuis le début de notre périple, je pousse la porte du pub et je vais m'en jeter un dernier. 

Bref, j'ai bu du vin anglais.
 
David Farge "ABISTODENAS"

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Plus de Bref.
 
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En avant Marius !

Quand je n'étais qu'un ado en manque d'amour et de produits anti-acnéiques, le quartier des Carmes n'était pas à proprement dit le coin de Toulouse où tu décidais de faire un sit-in calorique à l'heure de l'apéro. De la place du Capitole au marché des Carmes, en passant par la rue Saint-Rome et celle des Filatiers, malgré les façades au charme indéniable, il était en effet difficile de prendre son pied à déambuler dans ces allées resserrées aux allures de coupe-gorge. On venait ici pour craquer le billet de mamie dans une boutique de fringues à la noix, on troquait deux ou trois CD chez le disquaire du coin et on ne s'attardait pas plus que ça.

Nos soirées s'ancraient un peu plus loin, sur les bords de la Garonne, où bien évidemment, le quantitatif prévalait largement sur un qualitatif dont on ignorait même l'existence... On enchainait les Pastis au mètre sur la place Saint-Pierre quand on ne s'attardait pas autour de quelques pichets de Jacqueline (vin blanc, grenadine, limonade... beurk !) dans cette regrettée Soule, café passé de vie à trépas après quelques années d’imbibitions intempestives.

Bref, aujourd'hui, les cheveux ont commencé à tomber, on ne se refuse plus une petite laine posée sur les épaules, on écoute plus la musique aussi fort (ou du moins pas aussi longtemps), et si plus jeune on mangeait pour survivre, dorénavant, on vit pour manger, le verre et l'assiette ayant quelque peu pris les devants dans l'organigramme régissant le quotidien. 

Alors, quand une grande nouvelle vient ponctuer une journée fatigante, que l'on déambule au cœur de la ville rose, un léger creux forant l'estomac à l'heure de l'apéro, poser ses coudes en terrasse d'une belle adresse devient un exutoire bien nécessaire...
Nous voilà donc accoudés à L'avant Marius : restaurant / bar à vins, sorte de version avec les doigts du Chez Marius, voisin plus apprêté, lui aussi tenu par Nicolas Brousse. Au programme, une carte sympa, certes pas des plus étoffées, mais bien diversifiée. Alors on se plait à y piocher allègrement, surtout que les prix sont corrects. Ainsi valseront entre nos doigts : une boule de pizza frite des plus gourmandes, un tartare de gambas aussi frais que vivifiant, l'efficacité de quelques croquettes de morues, une tranche de jambon persillée bien agréable avec ses petites girolles en pickles, un joli tartare de thon et foie gras (peut-être un poil trop imbibé de sauce soja), mais surtout, un gros coup de cœur, cette adaptation d'un des plats fétiches de Nicolas Brousse, assemblage d'une rare gourmandise entre girolles, bulots et saucisse de Morteau.

Au final, un superbe moment et une vrai définition de l'assiette efficace et gourmande, repoussant à des années lumières de là les tapas mollassons, fritures dégueulasses et autres planchettes de charcutailles hors de prix dont regorgent malheureusement les terrasses de notre belle ville rose... Voilà donc une vraie belle adresse pour venir manger un bout dès l'heure de l'apéro. Un seul regret, une carte des vins qu'il faudra à mon humble avis encore étoffer, mais Nicolas m'a confié que cela devrait se faire assez rapidement... 

Alors à bientôt !
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L'avant Marius et Monsieur Marius. Rue des Filatiers, 31000 Toulouse
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