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CINSAULT(veur) #21 : Back to basics !

Comme un album de Muddy Waters quand on a le blues, comme un saucisson en guise de quatre heures, comme une sieste dans l'herbe un dimanche après-midi... Oui, parfois, les choses les plus simples sont les meilleures.

Du côté de notre verre de vin, il en est de même, et le cinsault ne fait pas exception. Alors certes on pourra toujours s'extasier devant le charme et l'élégance d'un cépage aux ressources encore méconnues, boire et reboire les cuvées de Xavier Braujou ou des frères Danjou, se dire, à raison, que l'on côtoie là de vrais grands vins... Mais parfois, le jus évident, fluide, ne revendiquant aucune prestance nobiliaire et se contentant simplement d'afficher une certaine bonhomie ça a aussi du bon !
Direction le Gard, donc. Plus précisément, Saint-Mamert-du-Gard, petit bled caché quelque part entre Uzès et Sommières, pas très loin d'ailleurs d'un autre ambassadeur local du cinsault. Nous sommes au Mas d'Espanet, domaine fondé dans les années 80 et dirigé par Denys et Agnès Armand, couple de vignerons responsable de ces quelques lignes du jour...

Le Mas d'Espanet, c'est une vingtaine d'hectares de rouges et de blancs, cultivés en biodynamie depuis un peu plus d'une dizaine d'années. Des vins souvent vivaces et dotés d'un équilibre où le fruit se conjugue à la finesse des terroirs du coin. Croyez-le ou non, il ne fait plus mystère pour personne que le Languedoc ne produit pas que des vins aussi denses et confits que des hollandais sur une plage du Grau-du-Roi...
Quant à notre cinsault, c'est l'entrée de gamme du domaine*. Une macération de quelques jours et un élevage en cuve, histoire de préserver le fruit et la souplesse de cette alternative crédible aux jus de fruits... Et au final, un vin simple et efficace qui derrière sa robe translucide dévoile ses notes de framboise et de cerise sur fond de garrigue. Si on laisse respirer un peu son verre, le cinsault vient ensuite délicatement s'effeuiller pour révéler son empreinte florale si particulière. Ce Freesia porte alors parfaitement son nom, frais et légèrement poivré, une certaine subtilité s'encanaille de cette simplicité croquante pour vous charmer jusqu'au dernier verre. Le parfait petit canon. Celui qu'on ouvre comme un bouquin sur la plage, où les verres et la compagnie de quelques amis deviennent les pages de ces bons moments qu'on se plait à écrire...
On limite souvent le cinsault à ses vertus rafraîchissantes qu'affectionnent particulièrement les repas estivaux à l'ombre d'une tonnelle. Certains s'évertuent donc à démontrer qu'on peut aussi jouer des partitions bien plus sérieuses avec ce cépage. Ils ont raison. Mais il ne sert à rien de nier l'évidence : le cinsault, dans son plus simple appareil, c'est aussi sacrément sympa.

Sus aux complexes et back to basics !  

David Farge "ABISTODENAS

* 7,50 euros la bouteille de Freesia (90% cinsault et 10% grenache). Avouez que pour le prix, il serait dommage de s'en passer... 

** Les photos, à l'exception de la première, sont issues du site du domaine.

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CINSAULT(veur) à la carte...

Carte des cuvées de cinsault dégustées sur le blog :


reade more... Résuméabuiyad

Passionnés !

S'il est une chose que je trouve actuellement bien agréable dans notre mondovino toulousain, c'est de sentir que la nouveauté tend à dépasser les habitudes. Jouer les ronchons nostalgiques de quelques adresses relevant d'avantage de la routine rassérénante que de la quête objective du bon possède certes quelques avantages, mais passé la carte de fidélité et la place près de la fenêtre, quid de l'excitation de fouler un paillasson encore inconnu ? En matière de gastronomie ou de descente de flacons, rompre avec les amitiés quotidiennes n'a rien avoir avec l'infidélité. Il faut plutôt regarder du côté de la curiosité, valeur refuge d'un temps semble-t-il révolu quand on découvre avec stupeur les attroupements moutonniers constellant les devantures historiques d'une certaine malbouffe toulousaine...
Heureusement, au cœur de la ville rose, les initiatives pour renouveler le porte-cartes des gosiers assoiffés de partage et de générosité sont elles aussi pleines d'embonpoint. Partons donc aujourd'hui sur les bords du canal de Brienne. Vieille voie d'eau toulousaine du XVIIIème siècle, elle permit de rendre le centre-ville accessible aux péniches languedociennes notamment chargées des munitions liquides censées étancher la soif des riverains du canal du midi. Mais aujourd'hui, au 31 bis allée de Brienne, plus besoin d'attendre une embarcation pour boire un coup. Depuis maintenant un an, une nouvelle cave à manger a ouvert ses portes : Les Passionnés. L'histoire de trois potes : David, le patron à l'initiative du projet, ancien sommelier du Puits Saint Jacques*, Mickaël, un ami d'enfance, et Florent, un passionné de cuisine ayant écumé les salles étoilées. Des gars du métier, avec un seul objectif en tête : rendre le vin accessible à tous en proposant une cuisine simple, autour de beaux produits, tout en arrivant à en vivre. 

Voilà pour le cadre.
"Accessible à tous". Cette expression qui me semble parfaitement convenir à notre adresse du jour et que tout bistrotier devrait pouvoir faire sienne, est pourtant malheureusement trop souvent galvaudée. Lui, maillon incontournable de cet autre réseau social de proximité, oublie trop souvent que l'accessibilité se négocie avant tout dans le verre et l'assiette et en aucun cas sur le simple fait d'accepter ou non que se côtoient sur un même comptoir un col pelle à tarte et un jogging du dimanche, un biker vegan et un trader dyslexique.  

Une accessibilité que j'imagine plutôt rimer avec simplicité. Simplicité et non pas médiocrité. Excusez mon côté bobo, mais avoir le choix entre un jaune ou un demi tiède pour accompagner un bol de cacahuètes sur un comptoir poisseux aux couleurs du PMU n'a, à mon humble avis, rien à voir avec la bonhomie tant espérée quand pousse la porte de ses établissement. Croyez-en l'expérience récente d'un papa en quête d'une pause pipi/goûter... 

Devanture vintage - Escale "Papa, j'ai envie de faire pipi" sur le chemin des vacances...
Mais trêve de digressions familiales,  retournons chez nos passionnés. À la fois boutique et cave à manger, le lieu est chaleureux et accueille ce mélange des genres avec évidence : les bibliothèques liquides bien remplies faisant de l'œil à des papilles en alerte qui ne demandent alors qu'un passage à l'acte. Ici, on vient donc certes pour récupérer sa quille du soir, mais surtout pour bien boire ou pour bien boire en mangeant...  Et au delà d'un service irréprochable qui rappelle à l'évidence le passé en salle du taulier**, force est de constater que l'endroit se prête plutôt bien à la chose. La carte bien étoffée***, oscillant entre canons régionaux, belles étiquettes et fleurons du vin nature, possède largement de quoi faire, surtout quand on sait que le droit de bouchon s'appliquant au prix "cave" n'est que de quelques euros. Pour se déboucher une des très nombreuses références de champagne de la maison, origines troyennes du tenancier oblige, vous conviendrez que c'est particulièrement agréable...
Côté fourchette, pas de chichi. Pour les adeptes du comptoir, assiettes de charcuteries ou de fromages sont au programme. Personnellement, un peu gavé par la chose, je me tourne plus facilement vers la carte des quelques plats du moment. Les assiettes, toujours bien dressées, laisse assez peu de place au vide et les produits de qualité s'y retrouve donc en bonne place. Lors de notre dernier passage, veau, ravioles ou pâtisserie maison furent ainsi les parfaits compagnons de route d'une belle quille champenoise partagée en amoureux...
Enfin, il nous faut parler de l'addition. Comme semble parfois l'oublier quelques plumes gastronomiques, l'addition fait aussi partie intégrante de la réussite d'un repas. Question évidemment incontournable quand on paie celui-ci... Ainsi, le midi, la formule entrée/plat/dessert est à moins de 20 balles. Le soir, avec une carte proposant des assiettes entre 6 et 16 euros, sans vraiment faire attention, il est largement possible de bien manger pour moins de 30 euros un samedi en sortant du ciné, ce qui, en centre de Toulouse, est assez rare... à moins de lorgner à nouveau sur notre bonne vieille Entrecôte****. 

Avouez que le choix est vite fait... 
* Restaurant fortement recommandable doublement étoilé de Bernard Bach situé à Pujaudran dans le Gers voisin.

** Désolé d'insister sur ce point précis, mais je suis de plus en plus sensible à un service attentionné et professionnel. Le service est un vrai métier, même quand il s'agit de boire un verre en terrasse de café...

***  Dans le désordre, quelques noms : Fabien Jouves, Anselme Selosse, Julien Ilbert, Philippe et Diane Cauvin, Thomas Pico, Plageoles, Gilles Azam, Sébastien Agelet, Olivier Cohen, Jean-Pierre Rietsch, Laherte, Barral, Maxime Magnon, Ulysse Collin, Foillard, Tissot, Marine Leys, Landron, Xavier Weisskopf, Danjou Banessy, Alliet, Da Ros, Reynaud, Allemand,...

**** 19 euros le plat unique (faux-filet et non ce n'est pas de l'entrecôte, frites, salade), auxquels il faut ajouter un dessert. Remarque, avec une carte des vins d'un autre temps, on risque de faire des économies en étant presque obligé de tourner à la flotte... 
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