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La glouglousphère en GIFs animés #12

Parce que parfois une image vaut bien plus que quelques mots.

Parce qu'on n'est pas obligé d'être toujours sérieux quand on parle vin.

Décembre, bûche, sapin, belle-mère, guirlande, foie-gras, encore de la bûche, famille, cadeaux, chapon, saumon, Tino Rossi, chocolats, chocolats à liqueur, marrons, huîtres, cotillons... et surtout beaucoup de tchin-tchin dans les yeux, et donc, du vin...

Bref, c'est bientôt les fêtes, et voici, servi dans son plat argenté, le douzième épisode de la glouglousphère en GIFs animés !

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Quand tu viens de boire 2 verres du Saint-Émilion vieilli en fût de chêne à 5,99 euros de tonton Paul.


Quand on t'annonce que tu seras assis à côté de ta belle-mère à Noël.

 
Quand tu crois faire une bonne affaire en achetant un champagne à 10 balles au supermarché.


Quand tu regardes les photos de bouteilles sur Facebook.


Quand tu veux simuler une cuite au champagne de supermarché.


Quand tu veux ranger une bouteille mais que ta cave est pleine.


 
Quand tu échoues au test de "Celui qui conduit c'est celui qui ne boit pas".


Quand tu essaies d'ouvrir un magnum cacheté à la cire.


 Quand tu rentres du boulot et qu'on te propose un verre de champ' pour l'apéro.
 

Quand tu trouves que bon, y a pas de défauts, y a juste des bouteilles aux arômes audacieux.

 
Quand tu as du citrate de bétaïne dans ta pharmacie et que tu vois l'enchaînement des fêtes arriver.
 

Quand après le vin rouge sur le fromage, on te propose des bulles sur ta bûche de Noël.

  
Quand tu crois trouver un vin "nature" au supermarché.
 

Quand tu penses que pour le réveillon 2 bouteilles de champagne pour 8 suffiront.




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Et toujours, à voir ou à revoir :     

reade more... Résuméabuiyad

Osez Joséphine

Décembre...

Les pulls moches, les engueulades en famille, la batterie en plastoc' offerte à ton fils par un tonton ayant décidé de renouveler ta prescription de Doliprane pour l'année à venir, le chapon, les chocolats à la liqueur de mémé et l'odeur du sapin qui habille de ses lumières les sombres soirées au coin du feu...

Et au milieu de tout ce marasme fait de guirlandes, de foie gras, de playmobil et de sourires d'enfants, comme chaque année, notre calendrier de l'Avin. Petit morceau de littérature vinique se dévoilant chaque jour au coin du web, il aura pour thème cette année : les bulles

Si caractéristiques de ces festivités de fin d'année, elles permettent, en grandes quantités, de tolérer sa belle mère, mais aussi de ravir nos papilles affutées en cette période de gueuletons. Alors, si le champagne se taillera sûrement la part du lion, je vous propose, depuis les collines de mon sud-ouest, de jouer la carte régionaliste et d'embarquer pour les contreforts pyrénéens, en rejoignant le pays limouxin, ses blanquettes et ses crémants...
Mais avant d'enlever le muselet de notre élu de ce 5 décembre, parlons terroir. Car si Limoux est à l'évidence une terre de bulles, il faut savoir que Roquetaillade en est sûrement la capitale. Avec son cirque minéral et ses vestiges rappelant qu'ici aussi, il y eut la mer, Roquetaillade et ses parcelles de vignes perchées à plus de 500 mètres d'altitude, est le berceau idéal de nos plaisirs liquides à venir. 
Arrêtons nous donc chez Gilles et Geneviève en charge du Domaine des Hautes Terres... Ici, les bulles se conjuguent aussi au rouge ou au blanc pour mettre en valeur le malbec, le chenin, le chardonnay ou le mauzac. Des vins frais et cristallins profitant de ce terroir unique entre océan et méditerranée pour se forger un caractère et une identité propres et hautement respectables.
Les bulles ? C'est Joséphine. La fille de Gilles. Un assemblage de chardonnay, chenin et mauzac. Un crémant comme en champagne, non-dosé pour ne pas voiler l'élégance d'un vin se suffisant à lui même. Pas de maquillage, pas de fioriture, juste du vin.

Et le résultat me direz-vous ?

Une bulle fine et bondissante qui balade son parfum comme un printemps naissant. Oscillant entre une brassée de fleurs blanches, une poire juteuse et une poignée d'amandes, c'est un canon aussi vif et joyeux qu'une bande de gamines jouant à la marelle ! Posez-en un verre à côté de quelques cuillères d'un tartare de saumon aux herbes ou avec un beurre truffée et vous serez conquis...
Alors pour les fêtes, pour juste faire hennir les chevaux du plaisir, osez rejoindre Limoux, Roquetaillade et les vins de Gilles Azam. Osez Joséphine !

David Farge "ABISTODENAS"

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Bref, j'ai eu du cul.

Bref,

Parfois dans la vie on a des gros coups de cul : gagner un bon coiffure au loto de l'école du village, tomber sur la fève et ne pas se casser une dent, acheter une fringue à sa taille sur Internet, ou encore, fêter le beaujolais nouveau sans avoir l'impression que Lara Fabian fait des vocalises aux quatre coins de votre crâne le lendemain matin.

Moi, perso, je n'ai jamais vraiment eu de cul. Surtout quand je buvais du beaujolais nouveau. C'est d'ailleurs peut-être pour ça qu’aujourd’hui j'ai du mal avec Lara Fabian. 

Et puis un jour, allez savoir pourquoi, la chance a tourné...

Affalé dans mon canap', le soir, j'ai mes petites habitudes.

J'aime bien boire une tisane, même si à chaque fois je me crame à la première gorgée.
J'aime bien prendre un bouquin, mais comme je discute en même temps, je relis plusieurs fois les mêmes pages et quand on me demande si c'est bien, ben je sais pas trop.
J'aime bien manger un bon chocolat, mais le plus souvent j'en ai pas, alors je mange des Granola.
Et puis, j'aime bien regarder les annonces du Bon Coin avec l'espoir de trouver un trésor. 

Trouver un trésor sur le Bon Coin...

Le genre de phrase à la limite de la correction. Trouver un trésor sur le Bon Coin c'est un peu comme penser qu'on va bien bouffer à une soirée vegan, chercher de la poésie dans un disque de Jul, écouter du rock français, ou pire, boire du vin anglais

Puis, j'ai vu L'ANNONCE. 

Le gars vendait un Richebourg 1967 de la Romanée-Conti. Je l'ai relu plusieurs fois en me disant que c'était pas pour moi, que cette quille improbable dont je ne connaissais pas l'histoire avait peut-être passé dix ans posée sur la télé d'un inconnu avant de se retrouver dans un garage, où l'été, il fait aussi chaud qu'un quinze août à Marrakech. Malgré tout, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai envoyé un mail. Peut-être parce que la bouteille était à vingt bornes de chez moi, peut-être parce que j'avais bouffé un Bisounours, peut-être parce que, pour une fois, j'avais envie d'avoir du cul. 

Puis j'ai attendu. 

Le gars voulait vendre la bouteille, mais moi, je voulais l'échanger parce qu'il était hors de question que je vende un rein, un gosse ou ma collection Panini foot 1993 pour une bouteille dont la probabilité d'en tirer une régalade devait être à peu près aussi élevée que celle de croiser Christine Boutin sur un char de la Gay Pride.
Et finalement, j'ai eu cette bouteille. Tout à coup, j'eus l'impression d'être Indiana Jones tenant le Graal entre ses mains, Deschamps levant la coupe du monde, le singe du Roi Lion brandissant Simba, ou même un peu les trois à la fois.

Quelques semaines plus tard, sans trop d'espoir, après quelques bulles et avant une série à en faire pâlir un vendeur d'encyclopédies, notre Richebourg quinquagénaire a débarqué. Aussi fringuant qu'un Mike Jagger dopé au guronsan, aussi complexe et élégant qu'une tirade proustienne, le roi pinot récita sa partition avec l'éclat d'un jouvenceau et la classe d'un Michael Jackson en moonwalk. Ce fut un moment inoubliable.

À ce moment précis, je compris ce que pouvaient ressentir les gens qui ont déjà réussi un lancer de bilboquet ou ceux qui arrivent à ne pas faire crever une plante verte en moins de trois jours.

Bref, j'ai eu du cul.


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Plus de Bref.

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Gaillacois par passion et par conviction.

Par un beau samedi de printemps...

Non. Reprenons.

Par un sale samedi pluvieux de novembre, veille de rentrée qui plus est, me voilà parti rejoindre, tel un Sancho Panza régional, l'entreprise ô combien louable de quelques Don Quichotte gaillacois attachés à leur terre comme notre hidalgo à ses idéaux.

Bref, direction Lavaur et la boutique de Bertrand Denizot, l'Accord Parfait, écrin au combien stimulant de cette rencontre placée sous le signe des mauzac, braucol, duras et autre loin de l’œil... Une sacrée put... de cave cet Accord Parfait ! Une sélection pointue et accessible* : de jolis canons locaux, des grands noms, des jeunes qui débutent, des gourmands, des élégants... et un dénominateur commun : le bio, à minima.

Une adresse et un tenancier pro et dynamique en poche, il ne restait plus qu'à accueillir les protagonistes de cette histoire tarnaise. 4 vignerons historiques du gaillacois : Virginie Maignien du domaine Causse Marines, premier domaine passé en bio sur l'appellation, où elle travaille avec Patrice Lescarret, Florent Plageoles venu représenter le domaine du même nom, Damien Bonnet du domaine de Brin et Nicolas Lebrun tenancier de L'enclos des Braves.

Le point commun de ces quatre vignerons gaillacois ? Une vision commune et exigeante de la viticulture qu'ils partagent avec quelques autres collègues au sein de l’association Terres de Gaillac. Un collectif qui, de part l'élaboration d'une charte** plus exigeante que le cahier des charges d'une AOC où les coop' règnent encore en maîtres, a pour but la sauvegarde d'un savoir-faire évident, d'une identité forte, tout en y ajoutant une dimension environnementale qu'il n'est plus possible aujourd'hui d'ignorer.

"Les vignerons de Terres de Gaillac (TDG) se reconnaissent dans la notion d’Appellation d’Origine Contrôlée telle qu’elle fut pensée et construite au début du 20ème siècle, afin de rendre compte de la diversité et de l’originalité des vins produits dans les grands terroirs français."

Une démarche qui n'est donc pas seulement liée aux simples pratiques agricoles mais au sein de laquelle raisonnent aussi les notions de terroir et de typicité. En effet, quoi de plus troublant de voir toute l'ampélographie bordelaise coloniser le causse gaillacois, alors que braucol, duras, loin de l’œil, mauzac, ondenc ou prunelart pourraient continuer de charmer les papilles de leur accent local si singulier ?

Car ils ne manquent pas de personnalité nos dignitaires tarnais ! Venus pour l'occasion faire déguster leurs différentes cuvées, et par la même, profiter de la présence de la radio locale*** pour se fendre avec énergie et pédagogie d'un plaidoyer en faveur d'un produit retrouvé, il est évident que leur message résonnait tout autant au fond des verres que derrière les micros.  

De la vivacité gourmande et digeste des Peyrouzelles de Causse-Marines à l'élégant et profond toucher de bouche de la cuvée Amphore de Damien Bonnet, de l'évidente personnalité de chacun des mono-cépages mis en avant par les Plageoles aux très accessibles canons de l'Enclos des Braves, le gaillacois a, à l'évidence, largement de quoi bomber le torse, des tablées la ville à rose aux rayonnages les plus éclectiques des quatre coins de France. Car derrière toutes ces charmantes personnalités, c'est tout le talent d'une équipe d'une dizaine de vignerons qui s'expriment à chaque coup de tire-bouchon.
Mais cette journée baignée entre autres par la cochonnaille et le caractère du braucol, fut aussi l'occasion de quelques nouvelles réjouissantes. Tout d'abord, la découverte d'une gamme de jolis canons qui lance Romain Plageoles, dans le grand bain. Des raisins du cru, avec parfois un accent un peu plus pointu, mais sacrément bien fichus : mention toute particulière au gamay et au merlot !

Enfin, LA bonne nouvelle du jour : après avoir passé la journée à discuter avec notre Rémy Bousquet national (mais montalbanais avant tout), j'ai eu la confirmation que notre dessinateur du cru reprenait du service, et ça, c'est bien cool. Alors surveillez ses moindres faits et gestes car ça ne saurait tarder...


Bref, ce fut une belle journée que nous avons terminée derrière le micro, en duo, décontractés et enthousiastes, avec la certitude que le gaillac continuera à couler à flots grâce à ces vignerons et vigneronnes aussi passionnés que talentueux ! Alors, merci à toi Bertrand d'avoir organisé cette rencontre. Et longue vie à ton Accord Parfait, tu le mérites amplement...

   * Quelques vignerons que vous retrouverez chez Bertrand à l'Accord Parfait : Plageoles, Causse Marines, Brin, L'Enclos des Braves, Mas del Périé, Château La Colombière, Château Gombaude Guillot, Domaine des Pothiers, Lapalu, Château Mangot, Maxime Magnon, Mas d'Agalis, Domaine des Hautes Terres, Les Clos Perdus, Mas Foulaquier, La Terrasse d'Elise, Clos des Jarres, Domaine Pelissols, Lestignac, Le Sot de l'Ange, Domaine de la Garrelière...

** La charte Terres de Gaillac :
*** Voici le lien vers le podcast de l'émission consacrée à Terre de Gaillac sur Radio d'Autan : cliquez ICI
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Les livres comme le vin...

 
Depuis tout petit j'aime les livres. Comme encore beaucoup de personnes d'ailleurs, bien heureusement. J'aime l'objet, le fumet gourmand de ses pages qui évolue dans le temps. C'est ce livre tout juste sorti de sa librairie, encore chaud comme une baguette de boulanger, l'odeur du papier comme celle d'une chocolatine au petit-déjeuner, ou encore celui retrouvé au creux d'un grenier familial, jauni par les années et dont le parfum n'est pas sans rappeler la mémoire tapissant les murs d'une cave. Des mots et des idées qu'on aime à déguster l'instant présent, armés de patience et affrontant le temps comme le bouquet d'un vieux bourgogne ne voulant pas dire son âge. Oui, j'aime les livres comme le vin.
Les livres comme le vin sont une source inépuisable d'histoires...
Les livres comme le vin sont une source inépuisable d'émotions...
Les livres comme le vin sont une source inépuisable de souvenirs...
Alors quand ta libraire préférée décide de s'ancrer définitivement dans ta commune, en installant ses linéaires dans un lieu lui appartenant, à quelques mètres de sa charmante boutique en location depuis maintenant un bail, la solidarité s'organise. Comme Nailloux possède son passeur d'idées liquides, Nailloux doit aussi avoir sa librairie. Litres et ratures ont leur bout de chemin à faire ensemble, c'est évident.
Les livres comme le vin sont un lubrifiant social évident !
Les livres comme le vin sont un appui de réflexion évident !
Les livres comme le vin racontent l'humanité comme personne, oui, ça aussi c'est évident !
Quelques semaine plus tard, ce sont plusieurs milliers d'euros que ces amoureux ont choisi de poser entre les mains de celle qui balade leur esprit, égaie leurs soirées de lecture dans la lumière tamisée d'une nuit tombante, et bien plus encore. Plus la somme sera coquette, plus l'écrin à venir sera à la hauteur des trésors qu'il abritera. Il reste une petite quinzaine de jours pour que Nathalie puisse accomplir notre souhait à tous : savoir qu'aujourd'hui comme demain, les livres (comme le vin), continueront d'éclairer notre quotidien.

Si vous souhaitez obtenir plus d'informations et éventuellement participer comme plus d'une centaine de personnes l'ont déjà fait, tout est (très bien) expliqué ici : https://fr.ulule.com/librairie-detours/



 
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Librairie Détours
Tél/fax : 05.62.47.07.33

Mail : librairie.detours@orange.fr

Adresse (pour quelques mois encore) : 2 rue du Laytié, 31560 Nailloux



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Cru ou Cuite ? #3 : David Large - Gimelande

L'interview qui cuisine la glouglousphère...
Après une pause de quelques mois, voilà que le divan intimiste de ce blog reprend du service. Toujours le même principe : une volée de questions, les réponses de notre invité du jour et, je l'espère, l'occasion de découvrir ou de connaître un peu mieux un de ces nombreux acteurs de vigne et du verre.
@lapinardothèque


Et aujourd'hui, cap au nord ! Direction le Beaujolais où le talentueux David Large, presque homonyme du jour, nous prouve qu'il sait aussi bien jongler avec les mots qu'avec les grappes de gamay. Blogueur, poète, mais vigneron avant tout, il se livre avec tendresse et spontanéité sur son quotidien de faiseur de vin trentenaire... 


J'avais dégusté deux de ses vins y a quelques temps de ça. Blanc ou rouge, c'est toujours propre, gourmand, vibrant et sincère. Du vrai vin, du vin vrai. Rien que ça. Alors essayez de choper quelques bouteilles de ce type. On en parle un peu aujourd'hui, mais il sera toujours là demain. David Large, c'est le gendre idéal, mais aussi un peu de notre avenir.

Bonne lecture et large soif !  

1-  Bonjour à toi et merci de participer à ce nouvel épisode de Cru ou Cuite ? L'interview qui cuisine la glouglousphère. Commençons si tu le veux bien par les présentations...

Je m’appelle David Large. J’ai 31 ans et demi en décembre. Je suis devenu vigneron à plein temps depuis 1 mois. J’ai toujours été triple actif sinon.
J’ai un stigmate de piercing à l’oreille gauche. Car j’assume mon passif Beauf avec diamant à l’oreille. Pas tatoué, mais je rêve de me faire faire sur le flanc gauche, le 357 Magnum de la BD "SODA" de Gazzotti. On m’a présenté le travail d’un artiste tatoueur il y a peu. Soit ça, soit la Punchline LA CALOTTE DE TES MORTS sur mon tibia. On verra.

Pour le domaine... On est au bled de père en fils depuis 1840 (au moins). J’ai ça dans le sang et dans le son dès le premier cri, jusqu’au dernier souffle. J’ai été aide familial à partir de 16 ans, je me suis installé à 18 ans. Je me suis planté. Je suis parti ailleurs. Depuis la retraite de mes parents en 2011, j’ai converti une petite partie de ce qu’il nous restait en agriculture biologique. Je reprends des parcelles en ce moment et j’ai monté un petit négoce. Je fais tout à la maison. J’ai l’impression de ressusciter. L’ancien David Large est mort sur les collines de Chiroubles. Je tourne le dos à Dieu, je laisse Lucie faire. Je rêve de voyager grâce à mon vin et mes nouvelles rencontres. Je refais du vin avec une mentalité d’enfant de 8 ans. Et le matin je me lève avec le générique des tortues Ninja. 



@DavidLarge
2- Actuellement, niveau boulot, c'est plutôt battle de Hip-Hop dans ton garage, ateliers scoubidou et belote ou souliers crottés, ampoules et mal de dos ?

Tu peux tout mettre dans le shaker à Tom Cruise pour cette question. 
Je m’occupe de me structurer au niveau administratif. Ça me prend pas mal de temps et de nerfs. Comme beaucoup d’autres vignerons, je finis mes vinifications, je réinvestis un peu dans du matos pour préparer mon travail d’automne et hiver. Je prépare mes premières expéditions à l’étranger pour mon Beauj' Nouveau. Je prends toujours 5 minutes pour écrire un ou deux poèmes ou un petit pamphlet sur l’amour entre deux remontages et deux soutirages. Je m’occupe aussi au niveau associatif d’un club de MMA à Beaujeu avec mon coach et acolyte Jean Noel :) ça occupe bien. J’ai le projet d’aller ramasser des champignons et quand je fatigue je me mets le générique de Dragon Ball, la première saison (Le mec est resté bloqué dans le passé. Allo ? Allo ?)… Je mets plein de trucs en route. Je cours après le temps.
@DavidLarge

Générique Dragon Ball pour les vrais:  


3- Sinon, à part sosie de M.Pokora ou pilote d'essai chez Dacia, si tu n'étais pas vigneron, tu ferais quoi aujourd'hui ?

Très bonne question… Raper? Jamais de la vie ! Chacun son taf ! N’est pas Rohff, SCH ou Seth Gueko qui veut.
Pour le MMA je préfère rester bénévole et associatif, ça me plait mieux et je suis plus à l’aise quand il n’y a pas d’argent en jeu dans ce que je fais. J’ai le cœur plus léger.

Sinon, si j’avais pas fait vigneron, je serais resté au Canada pour travailler dans les vignobles de Colombie Britannique.
J’ai pensé à faire acrobate itinérant aussi mais j’ai du mal à dormir quand c’est pas chez moi.
J’aurais bien fait pirate de la route. Carjacker les voitures que je ne peux pas me payer… Partir à la plage avec et les ramener avec le plein. Mais maman aurait eu de la peine…
Là elle se fait juste du souci que je redevienne vigneron. Alors je vais devoir réussir :)

Mais je dis qu’en Beaujolais ,
qu’à défaut d’avoir la police au cul,
je réveille mes forces occultes.

Un petit  Rohff:


@DavidLarge
4- Une fois la semaine de boulot terminé, tu serais plutôt nœud papillon et gros canons ou fritons et vin de la maison ?

Ça dépend de mon environnement et de mon humeur. Et surtout qui m’accompagne. Je viens de la paysannerie précaire, on mange parce qu’on a faim. Du coup je suis pas difficile. Je me fais plaisir avec tout. Le casse-croute des vendanges me met en joie. Le Hot-Dog du marché aux puces ou des compet’ de BMX dominicales me remplit de joie avec le gobelet de Stella Artois bien sûr. Mais je demande qu’à apprendre et on m’a initié à la gastronomie et dans ces moments là, j’aime bien goûter des vins au verre. Des vins stars dont j’entends souvent les noms. J’aime de plus en plus. Manger moins, mieux… Je fais plus gaffe qu’avant même si  j’avoue acheter premier prix en supermarché des fois. Va savoir pourquoi. Revenir à la terre me calme,  il y a un côté branleur dans la gastronomie qui me fatigue beaucoup. Avec le sport je me cadre également. Je dois donner l’exemple aux petits. J’y veille. Mais le mâchon Beaujolais reste mon talon d’Achille… Je me suis fixé le but de toujours voir mon zizi quand je ferai pipi à 60 ans. L’avenir nous le dira.
Je vieillis, je vais devenir sage. Comme mon papa je ferai un grand jardin, j’aurai des poules… Je mangerai maison avec les vins des copains. ;)
@DavidLarge
Mon vieux :



5- Dieu créa la femme. Et toi ? Plutôt créa' ou plutôt flemme ?

J’ai toujours envie de créer des trucs. Je continue mon blog, je viens de faire quelques chroniques culinaires en radio, on vient de faire un partenariat avec les Cristaux Vessière à Baccarat pour mes dégustation pro ou perso. Je planche toujours sur des soirées vins et musiques dans les milieux underground lyonnais :)
J’ai commencé à défricher une parcelle en côteau qu’on avait arraché il y a 10 ans avec Papa. Ça fait du bien. C’est dur de voir l’avenir des fois, y’a pas une journée qui passe où j’ai pas envie de baisser les bras mais je me sens vraiment « homme », tu vois le truc ? Ça me plait de trouver ma voie petit à petit. Trouver ma place. Depuis que je suis ado je ne comprends pas ce qu’on attend de moi dans la société ou dans l’espace. La vigne, le vin, le domaine, mes parents... m’aident beaucoup à ça et je commence à le comprendre à 31 ans. Ma seule limite c’est moi en fait comme me disait Miki :) Donc je vais continuer à diffuser le vin, j’ai plein d’idées. À Berlin, sur les toits, on s’était dit avec les copains, « Tout niquer dans la vie ».  Tiens voilà un autre truc à mettre sur l’autre tibia.
@DavidLarge
6- Si tu devais te révolter, ce serait : pour qu'on arrête de parler de raisins blancs alors qu'ils sont verts ou jaunes ou alors pour qu'on arrête de dire qu'il ne fait que flotter dans le Beaujolais (en même temps...) ?

J’essaie d’être moins en guerre dans mon cœur. Mais j’aime pas les gens qui disent pas « bonjour ».  Je fais un métier de solitaire mais je fais partie d’un environnement et les gens malpolis j’aime pas ça. J’aime pas ceux qui prennent en photo tout ce qui mangent. J’aime pas ceux qui se branlent sur les vins ou sur certains vignerons comme si c’était des divinités.
J’aime pas les gourous ou les faux prophètes… Que ce soit dans le milieu « vin nature », biodynamie, sportif… On peut faire une religion de n’importe quoi. J’aime pas les gens arrogants dans le vin qui ne parlent que de prix ou de grands noms. Ça se branle… C’est sûrement pour ça qu’ils mettent tous #FoodPorn. Des fois y’a des gens qui sortent de formation adulte, ils ont jamais rien fait mais ils viennent m’expliquer… Je kiffe tellement.
J’aime pas l’esprit Français, j’aime pas les petites balances, j’aime pas ceux qui ne font que décourager les projets, j’aime pas les rageux… J’étais un jaloux avant, au lieu de féliciter ou de vouloir faire mieux que les autres, je critiquais. Je devenais français. Après j’ai voyagé un peu et ça va mieux. Mais je suis comme mes vins, complètement imparfait.
@DavidLarge




7- Il te reste une paire d'heures pour boire un coup et te passer un disque, prendre un bouquin ou mater un film, si on met de côté tes 33 tours de Francky Vincent et ton anthologie du saucisson brioché en 6 volumes, tu choisis quoi ?

Tu veux dire, il me reste une paire d’heures avant de claquer?
Je mets l’album « Première consultation » de Doc Gyneco puis l’album de Houellebecq… Je me sers un verre de Beaujolais Villages de mon papa et je lis l’intégrale de Wolinski.
Et je fais l’amour plusieurs fois, une dernière fois dans le noir. Je ressers des verres de Beaujolais Villages, en magnum cette fois. Je relis à voix haute les 50 premières pages de Voyage au bout de la nuit et le poème de Jacques Mesrine…
Et si je sens le dernier souffle arriver je fais des doigts d’honneur à la fenêtre. J’ai une tendance à faire des doigts d’honneur quand je suis content ou contrarié… Y’a pas d’heure.
(Je mets du temps à claquer)
Même à l’enterrement je serai en retard.
@DavidLarge



8 - Dernière question, tu as le choix entre te taper la biographie de Gérard Collomb, l'enfant du Beaujolais ou nous livrer ton ressenti sur le vin de demain. Tu choisis quoi ?

C’est difficile de parler du vin de demain. Demain c’est Loin… Je m’imagine dans 60 ans d’accord ?
Le vin redeviendra populaire. Les gens reviendront à la terre parce qu’ils ne supporteront plus la ville et leur travail. Les vins "nature" auront tout explosé, il y aura plein de petits vignerons paysans en polyculture, plein de petits phalanstères complètement autonomes. En marge d’une autre agriculture sous perfusion qui aura survécu et qui se sera transformé. Il y aura les deux écoles, celle du micro d’argent et celle du micro en bois.
On ne parlera plus que des vins de vignerons, les appellations n’auront pas survécu. Ou alors que les prestigieuses… Comme des reliques. Les gens feront la queue pour venir voir en spectacle comment on travaille la terre. L’agriculture et la viticulture redeviendront des sources d’emploi car il n’y aura plus de travail en ville. Si la société saigne trop, l’agriculture et la viticulture redeviendront des « tampax » sociaux.

Vignes sauvages sur les toits de tous les buildings, partout.

Franchement ta question est super dure… J’espère juste que les gens seront polis et se diront bonjour en buvant des vins sains.

Il faut que le vin de demain soit encore là après demain et encore après après demain… Voilà le vin de demain.

On est encore là :  


Demain c’est loin : 


Bonjour :


@DavidLarge

Amour et Beaujolais sur vous.
Je peux avoir le portrait de Gérard Collomb ? 
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Merci à David Large pour cet entretien et à bientôt pour un nouvel épisode de "Cru ou Cuite ? L'interview qui cuisine la glouglousphère" ! 

reade more... Résuméabuiyad