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Alerte canicule ! Les conseils du ministère enfin décryptés...

ATTENTION ! Après la neige l'hiver, voilà qu'un nouveau désagrément saisonnier vient entacher la saison estivale : 
IL FAIT CHAUD.

Et si l'on devait définir cette chaleur insoutenable, j'oserai même vous dire que ce sont les grands mots qui sont employés : on parle de canicule ! Pensez donc, on a relevé jusqu'à 48°C dans l'habitacle d'une Fuego non climatisée, Porte de la Chapelle, sur un périph pas encore totalement en vacances.


Trêve de plaisanterie, quand il fait chaud, il fait chaud, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai planté un érable misérable dans mon jardin et que dans trente ans peut-être, on pourra y manger dessous. Erreur de timing ou optimisme débordant, la forte symbolique que peut représenter ce premier arbre trônant tel un coton-tige sur le terrain m'empêche d'y toucher, alors il y reste ! 

Bref, le problème des retraites en passe d'être résolu, force est de constater que les retombées d'une telle vague de chaleur sont malheureusement aussi loin d'épargner nos chers vignerons qui voient en ce moment même leur future récolte griller comme un banc de hollandais sur les plages du Cap d'Agde. Regrettable...

Malgré tout, en tant que consommateur passionné un poil égoïste pour le coup, comme ces derniers jours tout le monde y va de ses petits conseils* "canicule", je m'en vais vous livrer, moi aussi, mon petit wagon d'astuces afin de franchir au mieux cette étape difficile de l'année. Et pour cela, rien ne vaut un efficace décryptage de ce message délivré un peu partout sur vos écrans, à la radio ou dans la rue, par le ministère de la santé.
Maintenir la maison au frais : fermer les volets le jour.

Bon, en gros on nous demande de rester cloîtré chez nous, de n'ouvrir à personne, même pas aux témoins de Jéhovah. Et donc... de faire des provisions. Et là, je vous vois venir, vous qui n'avez pas de cave dans votre petit appart' parisien. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai la solution : le bag in box ! Il est beau, il est pas cher, tient sans problème dans le frigo, et comme il fait chaud et que tu n'as peut-être pas envie de te décoller les gencives avec les tanins acérés de ton traditionnel rouge hivernal servi réchauffé au bord de la cheminée, c'est un rosé. 
Le Bon, la Brute et le Friand, le petit rosé du Domaine Luc Lapeyre basé à Trausse-Minervois, assemblage de cinsault, grenache et cabernet, justement surnommé le tueur de soif. 5 litres, environ 15 euros, en bio, 11,5°, du petit fruit, léger et surtout pas compliqué. 

Donner et prendre des nouvelles de ses proches.

Là, je ne vous fais pas un dessin. Quel est le meilleur moyen de s'occuper de son prochain ? L'inviter à l'apéro, évidemment. Et j'ai évidemment ce qu'il vous faut pour l'occasion. La dernière fournée d’Étienne Fort, un crémant de Limoux vif et rafraichissant, non dosé, qui développe une aromatique entre fruits blancs, agrumes et joli bouquet floral. Une très belle bulle pour à peine plus de 10 euros, sans la lourdeur d'un mauvais champagne loin d'avoir été acheté à vil prix au supermarché du coin. Monsieur S, j'adore !
Manger en quantité suffisante.

Voilà le point sensible. Il semblerait que la chaleur coupe l'appétit de certains de nos compatriotes. Pour remédier à ça, rien ne vaut une boisson capable de faire glisser tout en légèreté les menus les plus divers qui agrémentent nos tablées estivales. Grillades, taboulet, tian de légumes, tartares... Autant de plats que vous retrouverez immanquablement à l'heure du passage à table. Et là, pour éviter de retomber sur le canon hivernal dense et accrocheur, voici de quoi se rafraichir la glotte, sans pour autant déroger à la tradition de la bouteille de rouge arrosant les grillades. 

- Dans le coin gauche, un condensé de fraicheur mêlant cinsault et syrah en parts égales, ayant grandi sur les terres hostiles de Fitou, une infusion douce et agréable se jouant des palais adultes comme d'un toboggan de piscine olympique, j'ai nommé : Ché Chauvio 2014 du Domaine Les Enfants Sauvages en Côtes Catalanes !
- Dans le coin droit, celui qui se prend pour un rosé, mais qui a tout d'un petit rouge sudiste avec l'accent pointu d'un beaujolais en sombrero. Une macération très courte de cépages locaux, pour un résultat tout terrain dès que le mercure fait chauffer le skaï noir de la voiture familiale. Un jus fluide et léger pourvu d'une réelle profondeur gourmande. Du petit fruit rouge, de la groseille en veux-tu en voilà, et l'agréable faculté de te faire glisser un coustellou bien doré au fond de l'estomac en un temps record. Il s'agit d'Unanit 2014 du Domaine Danjou-Banessy en côte du Roussillon.
Boire régulièrement de l'eau, ne pas boire d'alcool.

Totalement d'accord avec l'assertion ci-dessus. Il n'est pas incompatible de boire de l'eau tout en profitant d'un bon verre de vin. On évitera juste de diluer son pinard avec des glaçons, car comme expliqué plus haut : 1- on a le frigo ; 2- on peut pas bouger de chez nous ; 3- donc on a le frigo. On peut aussi laisser sa bouteille au frais dans un seau à champagne (mais ça marche aussi avec un seau de plage, don't worry) remplit d'eau fraiche et de glace. Boire entre les repas semble être aussi une bonne solution, surtout dans un coin comme le notre, contrée lointaine où le pékin moyen bouffe une miche de pain par repas et qui n'a pas forcément envie de se retrouver comme un canard amorphe au bord de son lac après le passage d'un bus de retraités et de leurs baguettes rassies. 

Concernant la seconde partie de cette nouvelle recommandation, j'aurais juste envie de rappeler qu'un peu de mesure dans le propos ne serait pas de trop. À l'heure où des milliers de brochettes d'ados bientôt au chômage vont fêter leur bac à coups de whisky/coca ou de je ne sais qu'elle merde sucrée qui bourre bien la gueule, je pense qu'un peu d'indulgence serait la bienvenue quand par méprise un verre de blanc régional se substitue au Château La Pompe normalement de rigueur. Surtout quand il s'agit de la famille Ribes, au Domaine Le Roc, nouveaux "meilleurs amis" de mon père, ayant semble-t-il trouvé là-bas une nouvelle source intarissable de jolis vins accessibles. 

Là, on parlera de leur blanc, un peu atypique car assemblage de chardonnay, sémillon, muscadelle et viognier. Un blanc riche que l'on réservera à la table, sur quelques calamars ou autres couteaux saisis à la plancha. Un beau petit canon qui pour moins de 10 euros saura habilement mêler volume, gourmandise et tension dans un vrai concert joyeux de fruits blancs bien juteux.
N'en jetez plus, la coupe est pleine ! En suivant efficacement ces quelques recommandations sérieuses du Ministère de la Santé, à vous l'été gourmand et rafraichissant. 

J'oubliais une dernière consigne :  

Éviter les efforts physiques. 

Pour cet ultime point, je pense qu'il ne devrait pas y avoir de problème à contenter notre ministre. À moins que je ne cède à l'appel de l'ultime breuvage que vient de rentrer mon caviste voisin. Situé à 300 mètres de chez moi, en haut d'une côte que mes tongs abordent à chaque fois comme un peloton de sprinters s'engageant dans l'Alpe d'Huez, ce coquin vient en effet de recevoir quelques magnums de la fameuse cuvée 910 de Julien Guillot. La synthèse ultime du vin de soif, un assemblage à l'ancienne de gamay, pinot et chardonnay complantés, reconstituant le travail des moines de Cluny, onze siècles plus tôt. Une tuerie pleine d'élégance, de finesse, proposant un équilibre envoutant autour de notes poivrées et de baies sauvages. Un (f)estival bourguignon de grande envergure !
Allez, passez un bel été et restez au buvez frais **. Et surtout n'oubliez pas, si jamais vous voyez quelqu'un victime d'un des signaux d'alerte ci-dessous, demandez lui s'il a respecté ces quelques recommandations, car après quelques verres de Rosé Piscine ou autres jus aussi alertes qu'un seconde ligne au départ du Tour de France, il n'est pas rare que quelques symptômes regrettables se fassent sentir...

* Voici ICI quelques recommandations venues de Belgique et une autre solution à ces fortes chaleurs en direct du Forez.

** Et n'oubliez pas de conservez votre vin comme si c'était un petit vieux en maison de retraite, car un coup de chaud pourrait anéantir tout plaisir futur...

David Farge "ABISTODENAS"

reade more... Résuméabuiyad

CINSAULT(veur) #12 : Fallait bien que ça arrive...

12ème virée dans les rangs de cinsault de notre sud de France. Une douzième étape qui ne déroulera pas, pour une fois, le tapis rouge à ce cépage que je me plais à découvrir chaque jour un peu plus. En effet, quand on se lance dans un pseudo référencement de toutes les cuvées de cinsault vinifiées en rouge ici bas, il est normal que certaines rencontres ne soient pas des plus exaltantes.

Ce fut donc le cas dernièrement. Un samedi de juin, quelques minutes avant de rejoindre Antonin, le blogueur nature que le Tout-Paris s'arrache à grandes lampées de vin nature, je décidais de passer faire le tour des popotes liquides de notre belle ville rose, en quête de quelques canons de cinsault à me glisser dans le gosier. Parmi les quelques trouvailles du jour, le VO d'Olivier Cohen dont je vous ai parlé il y a peu, mais aussi ces deux autres bouteilles que je ne pourrai malheureusement pas porter au pinacle de mes émotions liquides du moment. Ce n'est jamais agréable de tomber sur un flacon qui ne vous emballe pas. Néanmoins, cela reste une porte ouverte à la discussion, pour essayer de comprendre et évidemment de regoûter, car ceux dont je vais vous parler méritent bien plus qu'une attention passagère, le temps d'une bouteille qui se vide dans les verres, déception ou pas.
Commençons par un petit nouveau : le Domaine de la Barthassade, situé au cœur des Terrasses du Larzac, qui exploite 9 hectares de vignes en agriculture biologique. Aux manettes, Guillaume Baron, qui après s'être formé en Bourgogne chez Dominique Derain, Sylvain Pataille, ainsi que chez Trévallon, crée le domaine à Aniane, terre viticole accueillant pas mal de bonnes boutanches. 

2014 sera son premier millésime et cette bouteille de Pur C * ma première rencontre avec le domaine. 

La bouteille est ouverte et épaulée le temps que le repas se fasse. Au nez, une note végétale semble masquer un fruit mordant pourtant bien présent. Quelques minutes plus tard, les marqueurs du cinsault ont du mal à faire surface, le vin semble verrouillé derrière un voile de caramel et une étrange note de poivron d'où s'échappe discrètement une touche de framboise avenante mais si timide... Dommage. La bouche est fraîche, fluide et propose un toucher souple et agréable. La finale, un poil lactique, manque un peu de souffle ; ce petit cinsault semble un peu malingre, et à cette heure, il n'a pas encore trouvé sa place. C'est certes jeune, mais ce genre de petit vin se veut croquant et rieur dès sa tendre enfance, alors...
Quelques jours plus tard, à l'occasion d'un repas à rallonge chez un ami du centre de Toulouse, le cinsault, camouflé derrière quelques chaussettes aussi divertissantes qu'éphémères, refera son apparition sous les traits fins mais fatigués d'un Capitelles de Centeilles 2004. Un cinsault d'exception, vinifié avec une attention toute particulière par Patricia Boyer-Domergue qui, malheureusement, dans l'objectivité toute relative d'une dégustation à l'aveugle passera à côté de sa mission initiale. Car ici, ce cinsault de vignes cinquantenaires, expression ultime de son terroir du Minervois avec ses 8 semaines de macération, présente un profil que le soleil semble avoir buriné avec insistance. Le nez est assez dissocié, entre alcool et fruits confits, le pruneau se glissant de façon assez présomptueuse sur une trame cacaotée un peu insistante. En bouche, la fraîcheur du cinsault ne suffit pas à équilibrer un propos trop chaleureux à mon goût et finalement sans structure assez solide pour soutenir les assauts échauffants de telles maturités. Un style un peu old school diraient certains, peut-être... Quoi qu'il en soit, j'ai plus souvent été emballé par les carignans du domaine, voire par la cuvée C de Centeilles, un modèle d'engagement vigneron pour que quelques uns de ces cépages un temps oubliés puissent retrouver leur éclat d'antan.
Il va sans dire que ces quelques mots au sujet de deux cuvées au profil totalement différent ne sont que le reflet d'une dégustation à un instant donné. Mais derrière la légère déception occasionnée par ces deux bouteilles, c'est avant tout le sentiment d'une curiosité exacerbée par la découverte d'un nouveau domaine avec lequel se familiariser et les souvenirs nombreux de réjouissances liquides partagées autour des vins d'un des domaines emblématiques de la région que je souhaite retenir. 

Et si le cinsault fait parfois la gueule, son élégance et sa fraîcheur ne laissent malgré tout jamais indifférent. 

Fallait bien que ça arrive, alors, vivement la prochaine rencontre...

David Farge "ABISTODENAS" 

* Il se murmure qu'une partie de la vendange de cinsault séjourne actuellement dans un bois qui sied parfois à merveille à ce cépage, il me tarde de découvrir cette nouvelle partition d'un domaine que je découvre et qui semble vouloir mettre à l'honneur ce cépage qui me tient particulièrement à cœur.  
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CINSAULT(veur) à la carte...

Carte des cuvées de cinsault dégustées sur le blog :
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