Plusieurs fois j'ai eu l'occasion de râler sur ce blog à propos du manque de manifestations viniques qualitatives dans notre belle ville rose. En effet, les événements se font rares, et pour le pékin moyen, sans quelques galons liquides attribués par le milieu, il est pratiquement impossible de pousser les quelques portes discrètes permettant de se dégourdir les papilles. Bémol de circonstance, quand il s'agit de partir en quête de quelques canons, il est malgré tout incontestable que l'offre dispensée par les cavistes toulousains est d'une grande qualité. Mais comme chacun le sait, le gros des ventes de vin ne se joue pas dans ces quelques réduits toulousains affublés d'une enseigne, aussi belle soit-elle.
Alors, pour contrer une grande distribution qui quand elle ne tente pas d'arnaquer le client, le délaisse sans aucun scrupule face à des rayonnages aussi pauvres qu’inintéressants, que peut-on faire ? Comment ne pas se prendre le mur à l'heure de l'apéro ou de passer à table, quand simplement, on veut pouvoir boire ce que l'on aime ?
Une des solutions, et non des moindres, est d'instaurer le dialogue avec les consommateurs. Et si le caviste se voit à tort affublé d'une image bien trop élitiste, le vigneron lui, jouit encore d'une bonne réputation. Alors je dis "Banco,
Malheureusement, et comme partout, il y a le bon
Difficile en effet pour le néophyte qui aime bien se siffler un bon canon de temps en temps de savoir à quels stands s'arrêter. Face à toutes ces guitounes qui peu ou prou ont la même gueule, il est compliqué de se décider : entre ceux qui affichent leurs médailles en chocolats comme des vétérans leurs distinctions chaque 14 juillet, ceux qui mettent en avant une tripotée de labels plus ou moins bio-quelque-chose et ceux qui décorent leur stand comme un arbre de Noël, la migraine est souvent de rigueur.
Le Salon des Vins de Toulouse est de cette même veine, malgré tout, cette année, après ma visite, j'ai décidé d'être un peu plus positif. Certes je ne resterai pas aveugle face aux faux stands de produits du terroir proposant du fromage à 45 euros le kilo ou des saucissons aux arômes les plus fous**. Et même si, niveau vin, la dilution avait aussi fait son œuvre, il était tout de même possible de se faire un sacré gueuleton bien arrosé avec les quelques pépites présentes sur le salon.
En route donc pour un entrée/plat/dessert accompagnés, vous l'aurez compris, de quelques jus triés sur le volet qui ne manqueront pas de vous ravir le gosier ou de vous faire gonfler la cave...
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Apéro
Arrivé sur la salon, je souhaitais un peu me dégourdir les papilles avec une bulle champenoise... Comme il n'est jamais évident de trouver chez son caviste un bon champagne pas trop cher***, ces chers vignerons ayant un sens des affaires un peu à part****, les salons sont parfois l'occasion de découvrir quelques producteurs corrects pouvant vous refourguer quelques munitions au cul du camion. Ce fut le cas avec ce blanc de blanc du Domaine Waris et filles. Loin des champ' surdosés qui utilisent le sucre comme camouflage, ce chardonnay bien équilibré soigne son allure avec une certaine élégance. Une bulle fraiche, digeste, n'oubliant pas le vin qu'elle trimballe au fond de chaque verre. Une découverte inattendue que l'on peut dégoter pour une quinzaine d'euros et qui mettra à l'aise les palais les plus exigeants dès l'heure de l'apéro.
Entrée
Après cette efficace entrée en matière, rien de tel que filer déguster quelques blancs bien tendus qui viendront s'acoquiner rapidement des coquillages et crustacés que l'hiver mène avec gourmandise vers nos tablées. Féru de riesling, le stand immanquable de ce salon était à coup sûr celui du Domaine Binner. Un domaine qui bosse au naturel et qui sut nous dispenser une vrai leçon de plaisir en bouteille lors de la dégustation d'une partie de sa gamme (assez importante comme chez tout alsacien qui se respecte) présentée ce jour là*****. Mention spéciale, évidemment, pour ses riesling toniques et non sans profondeur qui feront merveille à table...
Avant d'envoyer les gigots et les saucisses, je ne puis oublier cet OVNI dégusté quelques minutes après chez un confrère de Montpeyroux, héraultais un peu fou ayant planté lui aussi du riesling sur une parcelle de son domaine. Un riesling (cuvée Canta) certes bien camouflé dans le verre mais d'une vivacité et d'une pétulance à faire pâlir un alsacien... Il s'agit du boulot de Pascal et Christiane Dalier au Domaine du Joncas. Une belle découverte qui s'ajoute à la cuvée Alba, un pur grenache gris au fruit et à la bouche d'une pureté éclatants !
Plat
Après avoir mis les blancs à l'honneur, passons un peu au côté sanguin de nos assiettes et partons en quête de quelques munitions pour les accompagner. Louvoyant toujours dans les allées du salon, je m'arrêtais ainsi passer le bonjour à Manu du Domaine Troteligotte à Cahors. Un passage qui me permettra de goûter au dernier millésime de sa cuvée sans soufre, K-pot' 2015. Un parfait jus de comptoir permettant de se remettre en selle à gros gorgeons de malbec fruité, avant d'attaquer un K2 (parcellaire de malbec élevé en jarre de terre cuite) encore bien jeune, mais très prometteur.
La côte de bœuf ayant trouvé son cavalier, je me tournais maintenant vers le reste de la basse-cour et en particulier de sa volière pour continuer à soigner mes papilles... Rapidement je tombais sur les vins de Guilhem Barré et en particulier sur sa Dentelle, cuvée qui a su s'affiner avec élégance au fil des millésimes pour parader à présent dans une robe sombre cousue de fil de soie. Une cuvée faisant triompher la syrah sur fond de merlot, au cœur de ce terroir schizophrène ne sachant choisir entre son héritage océanique et sa toute aussi évidente filiation méditerranéenne. 2013 et 2014 dans le verre, difficile de départager la structure épicée d'un ainé aux subtils accents poivrés et la fluidité évidente du petit dernier laissant s'exprimer le fruit sauvage et glissant de ce cépage que j'aime tant.
Plus classique mais non sans charme, je me délectais ensuite de cette Orée 2011 du Clos des Nines aux accents fumés et légèrement cacaotés qui siéent si bien au grenache quand celui-ci garde un soupçon de fraîcheur. Derrière une gamme élégante et pleine de cohérence, on redécouvrait alors que l'hégémonie tapageuse du fruit devait aussi se nourrir de la subtilité de ces tapis d'épices aux nuances infinies pour ajouter un peu de profondeur à l'évidence joviale du raisin que l'on aime à croquer.
Fromage
Il vous reste surement un creux pour un morceau de fromage... De tout façon avec ce que l'on vient de s'enfiler il faut se rincer un peu le gosier. C'est le moment choisi pour filer vers la Loire et rejoindre le Domaine Richou où le chenin règne en maître. Et de m'imaginer rapidement, un bout de biquette posé sur du bon pain, avec un verre de ces Rogeries, chenin câlinant le granit avant de rejoindre les pentes abruptes d'un gosier qui n'en demandait pas temps. Un vin vif, expressif, bien en place et d'une belle d'allonge, il rappelle que les terroirs angevins sont de vrais pépites pour y sacrifier quelques luxuriants plateaux de fromages. En plus le reste de leur production est hautement recommandable, alors que demander de plus...
Dessert
Soyons fou, aujourd'hui ce sera fromage et dessert ! Pour faire un peu léger on se coupera simplement quelques fruits en salade : pommes, poires, kiwis ou oranges sont de saison, profitons-en... Et pour donner le change, quoi de mieux qu'un petit détour par Jurançon pour y découvrir les grands vins du Clos Thou ? Des sucre alertes, plein d'entrain et dont l'exubérance de l'aromatique n'a d'égal que la fraîcheur d'une bouche n'en finissant plus de nous faire voyager. Une très très belle expression des gros et petit manseng...
Le ventre bien plein, un vinyle reprenant quelques standards jazzy tourne sur la platine du salon. Les discussions sont apaisées, tout comme les appétits... Pour autant, on aimerait que ses instants durent encore un peu, c'est pourquoi il semble préférable que vous preniez le temps de gouter une dernière fois à la classe alsacienne de Mister Binner et notamment de son pinot en vendanges tardives. Une excentricité bien sérieuse et un régal pour prolonger les instants sucrés de fin de repas...
Il est de bon ton de savoir parfois tempérer son propos quand tant de plaisir tombe à portée de main. Alors certes tout est loin d'être parfait au cœur de cette grand messe annuelle populaire du vin à Toulouse, mais si de telles réjouissances peuvent venir à combler les plaisirs bachiques du plus grand nombre, il serait regrettable de ne pas le dire. La critique est facile, ce salon a le mérite d'exister, à tous ceux qui y participent de le faire vivre, les vignerons qui vous y attendent le méritent.
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Il est de bon ton de savoir parfois tempérer son propos quand tant de plaisir tombe à portée de main. Alors certes tout est loin d'être parfait au cœur de cette grand messe annuelle populaire du vin à Toulouse, mais si de telles réjouissances peuvent venir à combler les plaisirs bachiques du plus grand nombre, il serait regrettable de ne pas le dire. La critique est facile, ce salon a le mérite d'exister, à tous ceux qui y participent de le faire vivre, les vignerons qui vous y attendent le méritent.
* Une pensée pour les chanceux qui iront traîner leur verre jusqu'au salon Rue89 de Lyon !
** Ça vous tente un saucisson à la mirabelle ou au maroilles, à moins que vous ne préfériez un salami à la truffe noire ? Le tout, made in Sud-Ouest, évidemment...
*** J'aime le champagne, j'aime beaucoup le champagne, mais il est aussi aisé de comprendre qu'aligner 30 ou 40 euros à chaque bouchon qui saute, même si on aimerait bien, est un peu difficile pour bien des personnes... Surtout qu'une bulle champenoise ne coûte pas plus cher à produire qu'une blanquette ou un crémant local.
** Ça vous tente un saucisson à la mirabelle ou au maroilles, à moins que vous ne préfériez un salami à la truffe noire ? Le tout, made in Sud-Ouest, évidemment...
*** J'aime le champagne, j'aime beaucoup le champagne, mais il est aussi aisé de comprendre qu'aligner 30 ou 40 euros à chaque bouchon qui saute, même si on aimerait bien, est un peu difficile pour bien des personnes... Surtout qu'une bulle champenoise ne coûte pas plus cher à produire qu'une blanquette ou un crémant local.
**** L'immense majorité des vignerons champenois ne pratique pas de vrai tarif caviste, c'est à dire qu'un vin qui coûterait par exemple 15 euros au domaine se retrouverait au alentours d'une vingtaine d'euros, voir plus, chez un caviste pourtant honnête. En privilégiant la vente en direct, il devient dès lors difficile pour les cavistes de proposer des champagnes de petits producteurs à des prix convenables.
***** Merci à Julie pour son accueil... J'ai oublié de la prendre en photo, elle ne pourra donc pas rejoindre le diaporama final, désolé !
***** Merci à Julie pour son accueil... J'ai oublié de la prendre en photo, elle ne pourra donc pas rejoindre le diaporama final, désolé !












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