J'ai failli ne pas écrire ce billet. J'ai failli retenir ma plume pour une simple et bonne raison : en ouvrant et dégustant le canon dont je vais vous parler, j'avais l'impression de faire une connerie...
De quoi je vous parle ? D'une des innombrables cuvées de Jeff Coutelou, plus particulièrement de sa filière cinsault, qu'il exploite à merveille, conscient du potentiel de ce cépage. Le Mas Coutelou, je vous en avais déjà parlé il y a quelques temps, lors d'une première exploration des ambitions liquides du domaine. On y causait d'ailleurs déjà de cinsault, car Jeff le décline en deux cuvées bien distinctes. Une première pour les assoiffés : 5SO, qu'il qualifie lui même de simple, et une seconde, nommée COPAINS, dont nous parlerons dans quelques instants.
5SO, donc : le genre de vin sans prétention que tu te dois d'avoir en cave. Le truc simple qui n'attend pas que l'on fasse chichi-pompon autour de la bouteille pour s'en accommoder. Impression gourmande mais fugace, donnant ainsi l'envie pressante d'y revenir.
Une biberonade de cinsault, un jus frais et digeste dévalant les pentes à la façon d'un Jean-Claude Killy de la grande époque. Du glouglou fait en vinif traditionnelle, mais cuvaison courte, tout rond, tout mignon. Ce n'est certes pas un vin compliqué, mais comme on choperait un Astérix avant d'aller au lit, parfois un peu de simplicité ne fait pas de mal. Du fruit, du cranberry, et c'est parti ! (disais-je il y a quelques mois...)
Mais revenons à nos COPAINS.
Une bouteille que je venais de récupérer, un bébé issu du dernier millésime de la maison. Et donc, après quelques rasades, le sentiment d'un indicible amour à partager... Car si on a l'habitude de dire que les vins du Mas Coutelou sont d'une désarmante générosité, d'un plaisir des plus immédiats, il serait totalement faux de leur coller l'étiquette de simples copains de comptoir. Non, ces COPAINS sont en fait de vrais amis. De ceux que l'on voit grandir, puis vieillir. De ceux que l'on voit prendre de l'embonpoint et des idées.
Alors, quand le tire-bouchon fit sauter la tétine de liège encore nécessaire au sommeil profond de ce nouveau-né, c'est avec une grande prudence et beaucoup d'affection que nous vîmes couler dans nos verres les premières larmes causées par ce réveil précipité.
Une robe sombre aux reflets d'un cassis bien mûr glisse sur les parois du verre comme un marmot qui viendrait d'éclater quelques baies sur ses lèvres. Le nez est franc, droit et sauvage, porté par d’entêtantes notes de framboise. Loin d'être façonné par le temps, on sent que cette fraicheur brute du fruit protège un discours bien plus profond que seul le temps pourra mettre à nu. C'est frustrant, mais cette insouciante jeunesse du propos à aussi ses avantages. Car si l'immédiateté de ce jus porté par une fougue mordante donne à cette quille un air de franche camaraderie, il en reste néanmoins un beau vin profond et équilibré, doté d'une acidité prometteuse. Un vin ne livrant à ce jour que les premiers mots de sa jeune existence, mais dont les années à venir peaufineront un argumentaire dans quelques temps plus dense et plus complexe.
Comme je me rabâche à le dire, le cinsault est de ces grands cépages méconnus : comme ce gamay que l'on imagine ne tordre qu'en novembre, alors qu'il sait prendre l'élégance de sa Bourgogne natale quand on lui en laisse le temps ; comme ce carignan si plaisant sur sa jeunesse, mais qui, évitant les macérations carboniques et affrontant le poids des ans, sait aussi se révéler si subtil, épicé et complexe ; le cinsault à aussi cela pour lui : il sait plaire à tout âge. Mais comme dans toute relation affective, il sait aussi attendre pour se dévoiler et laisser à discrétion des plus curieux d'entre nous, ce message de patience, scellant d'autant, une amitié que le temps aura renforcée.
Histoire d'apprendre un peu mieux à se connaître, je m'en irai prochainement faire un petit stock de cette joyeuse bande de COPAINS. Et nul doute qu'avec le temps, de Puimisson, plus que des flacons, se seront de vrais amis avec qui nous trinquerons.
Comme je me rabâche à le dire, le cinsault est de ces grands cépages méconnus : comme ce gamay que l'on imagine ne tordre qu'en novembre, alors qu'il sait prendre l'élégance de sa Bourgogne natale quand on lui en laisse le temps ; comme ce carignan si plaisant sur sa jeunesse, mais qui, évitant les macérations carboniques et affrontant le poids des ans, sait aussi se révéler si subtil, épicé et complexe ; le cinsault à aussi cela pour lui : il sait plaire à tout âge. Mais comme dans toute relation affective, il sait aussi attendre pour se dévoiler et laisser à discrétion des plus curieux d'entre nous, ce message de patience, scellant d'autant, une amitié que le temps aura renforcée.
Histoire d'apprendre un peu mieux à se connaître, je m'en irai prochainement faire un petit stock de cette joyeuse bande de COPAINS. Et nul doute qu'avec le temps, de Puimisson, plus que des flacons, se seront de vrais amis avec qui nous trinquerons.
David Farge "ABISTODENAS"
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CINSAULT(veur) à la carte...
Carte des cuvées de cinsault dégustées sur le blog :




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